Zuranolone : phase 3 dans la dépression post-partum

  • Deligiannidis KM & al.
  • JAMA Psychiatry

  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Messages principaux

  • Une étude de phase 3 randomisée versus placebo suggère que le zuranolone oral a un effet antidépresseur d’efficacité précoce et cliniquement significative chez les femmes atteintes de dépression post-partum. Cette efficacité est maintenue durant les 30 jours suivant l’arrêt du traitement. Par ailleurs, les scores d’anxiété et le fonctionnement global et maternel étaient aussi améliorés, avec des données de sécurité satisfaisantes. Le développement du médicament se poursuit.

 

Si la dépression post-partum (DPP) est multifactorielle, il semble que la voie GABAergique soit impliquée, sous l’influence de l’alloprégnanolone, un modulateur allostérique des récepteurs GABA A, dont le taux chute drastiquement à la fin de la grossesse. Le brexanolone injectable, un analogue de l’allopregnanolone, a été récemment autorisé dans la prise en charge des symptômes dépressifs liés à la grossesse. Le zuranolone est un autre analogue en cours de développement qui présente l’avantage d’être administré par voie orale.

Méthodologie

L’étude clinique de phase 3, en double aveugle, randomisée, contrôlée par placebo, et récemment publiée dans JAMA Psychiatry vise à comparer l'efficacité et la sécurité du zuranolone vs placebo dans la DPP. Les patientes qui ont été recrutées devaient être âgées de 18 à 45 ans, avoir accouché depuis moins de 6 mois et devaient présenter un épisode dépressif majeur sans psychose ayant débuté entre le 3e trimestre de grossesse et la 4e semaine suivant l’accouchement. Le diagnostic de dépression était posé sur les résultats au questionnaire HAMD-17.

Les patientes recrutées ont été randomisées (1:1) entre 30 mg de zuranolone par jour en une prise, ou un placebo durant 2 semaines, avec un suivi post-traitement mené jusqu'au 45ème jour. Le critère principal d'efficacité était la modification du score HAMD-17 à J15 par rapport à l’inclusion.

Principaux résultats

Au total, 153 femmes ont été incluses et randomisées (âge moyen 27-29 ans), parmi lesquelles 21% et 18% étaient également traitées par antidépresseurs dans les groupes zuranolone et placebo respectivement.

Après 15 jours, la réduction du score HAMD-17 était plus élevée avec le zuranolone versus placebo (moyenne des moindres carrés -17,8 vs -13,6 points [-6,9 à -1,5], p=0,003).

La différence entre les deux groupes était significative dès le 3e jour et jusqu’au 45e jour de suivi. La proportion des sujets ayant une rémission de la dépression était aussi plus élevée à J15 dans le groupe zuranolone (45% vs 23 %, OR 2,5 [1,2-5,2], p=0,01).

En termes de sécurité, différents évènements indésirables liés au traitement ont été observés sous zuranolone : somnolence (15%), céphalées (9%), vertiges (8%) et infection des voies respiratoires supérieures (8%). La plupart étaient légers ou modérés.