Zoliflodacine : étude de phase 2 dans le traitement des gonorrhées

  • Taylor SN & al.
  • N Engl J Med
  • 8 nov. 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Dans le traitement des gonococcies urogénitales, une monoprise de zoliflodacine présente une efficacité microbiologique satisfaisante par rapport à un traitement par ceftriaxone. Cette conclusion, issue d’une étude de phase 2, décrit que cet antibiotique expérimental aurait une efficacité satisfaisante pour les localisations urétrales et anales, mais une moindre efficacité concernant le portage pharyngé, probablement pour cause de pénétration insuffisante au niveau local. La tolérance semble également satisfaisante, les principaux évènements secondaires étant d’ordre gastro-intestinal.

  • Ces données sont encourageantes mais issues d’une cohorte regroupant un faible effectif. Les études de phase 3 à venir devront recruter un nombre plus important de patients, notamment des femmes (sous-représentées ici), et probablement évaluer son efficacité en association avec un second antibiotique, afin de limiter le développement de résistances.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Le développement de nouveaux antibiotiques constitue un enjeu pour la santé publique mondiale. Cela est particulièrement vrai dans le traitement des gonorrhées, car le développement de résistances a fortement augmenté ces dernières années. La zoliflodacine est un antibiotique expérimental appartenant à la classe des spiropyrimidine-triones (inhibiteurs de la synthèse d’ADN) qui bénéficie du statut ‘ fast track auprès de la FDA.

Méthodologie

  • Cette étude de phase 2 a été conduite chez des sujets de 18 à 55 ans présentant une gonococcie urogénitale non compliquée, des signes cliniques de gonorrhée urogénitale, ou ayant eu des relations sexuelles avec une personne souffrant de gonorrhée.

  • Ils ont été randomisés 70:70:40 entre un traitement monodose oral de zoliflodacine 2g, zoliflodacine 3g ou ceftriaxone 500 mg IM.

  • L’efficacité microbiologique (critère principal) était estimée à partir de la proportion de patients dont le test microbiologique positif pour N. gonorrhoeae devenait négatif lors du test de contrôle post-traitement (J6).

Principaux résultats

  • Entre novembre 2014 et décembre 2015, 179 personnes (dont 167 hommes) ont été randomisés et traités, dont 141 présentaient une gonococcie au niveau urétral ou cervical, 23 un portage pharyngé et 15 un portage anal.

  • L’efficacité microbiologique concernant l’infection urogénitale était de 96% dans chacun des groupes zoliflodacine contre 100% dans le groupe ceftriaxone. Toutes les infections anales étaient éradiquées, alors que les infections pharyngées l’étaient chez 50% des sujets sous zoliflodacine 2g, 82% de ceux sous zoliflodacine 3g et 100% de ceux sous ceftriaxone.

  • L’efficacité clinique était, elle, de 91%, 94% et 96% dans les groupes zoliflodacine 2g, zoliflodacine 3g et ceftriaxone respectivement, et les tests d'amplification des acides nucléiques (TAAN) montraient la disparition de ces derniers chez 84%, 81% et 89% d’entre eux respectivement.

  • Au total, 84 évènements indésirables ont été identifiés chez 59 patients, dont 24, 37 et 23 dans les groupes zoliflodacine 2g, 3g et ceftriaxone). Selon les investigateurs, 21 participants ont présenté des évènements attribués à la zoliflodacine, essentiellement d’ordre gastro-intestinal.

Principales limitations

Le nombre de femmes et de portage anal représenté dans cette étude était faible.

Financement

Cette étude a été financée par le National Institutes of Health et par Entasis Therapeutics.