Yoyos : les preuves restent modestes dans l’otite moyenne aiguë récidivante

  • Venekamp RP & al.
  • Cochrane Database Syst Rev
  • 9 mai 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir

  • Une revue Cochrane récente montre que l’efficacité des drains transtympaniques dans la prévention des récidives d’otite moyenne aiguë (OMA) est modeste, selon les données issues d’un petit nombre d’études cliniques randomisées dont la qualité est faible et le niveau de preuve globalement insuffisant. Les yoyos, ou diabolos, semblaient ainsi supérieurs à la surveillance active ou à un placebo, sur le plan du taux d’enfants sans récidive ou du nombre moyen de récidives, mais il était difficile de conclure par rapport à une antibioprophylaxie.

  • La faible qualité des données invitent à la prudence et devrait inciter à conduire de nouvelles études de bonne qualité. Les auteurs soulignent également que ces différents essais ont par ailleurs été menés avant l’introduction de la vaccination contre le pneumocoque ce qui impose, de fait, de disposer de preuves cliniques récentes.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée?

La pose de drains transtympaniques (diabolos ou yoyos) est souvent envisagée chez les enfants souffrant d’OMA récidivantes (au moins 3 épisodes sur 6 mois ou au moins 4 sur 1 an). Il était intéressant de conduire une synthèse de la littérature et une méta-analyse permettant de conclure quant à leur bénéfice clinique.

Méthodologie

  • Tous les essais cliniques randomisés comparant la pose bilatérale de drains transtympaniques à d’autres alternatives (surveillance, placebo, antibiothérapie) chez les sujets de moins de 16 ans ont été recensés et compilés pour cette méta-analyse.

  • L’étude prévoyait de comparer séparément les études ayant étudié d’une part la pose de drains seule et d’autre part leur association, à une ablation concomitante des végétations adénoïdes, mais aucune publication n’a été trouvée concernant cette seconde approche.

  • Les deux critères principaux définis ici étaient la proportion d’enfants sans récidive à 3-6 mois et la présence d’une perforation persistante de la membrane tympanique.

Principaux résultats

  • Par rapport à la surveillance active, les drains étaient plus efficaces en matière de récidive à six mois : 46% des enfants n’avaient aucune récidive versus 5% [2,38-37,80] (1 étude, 95 enfants, preuves de faible qualité). À 12 mois, ces chiffres étaient de 48% vs 34% [1,00 -1,99] (1 étude, 200 enfants, preuves de faible qualité). À 6 et 12 mois, le nombre moyen de récidives était ainsi de 0,67 vs 2,17 et de 1,15 vs 1,70 (preuves de faible qualité). La qualité de vie liée à la santé spécifique à la maladie était similaire dans les 2 groupes à court ou long terme.

  • Pour la comparaison à une antibioprophylaxie, les preuves étaient de très faible qualité, et suggéraien de façon incertaine la supériorité des drains sur le plan du taux d’enfants sans récidive ou du nombre moyen de récidives à 6 mois.

  • Par rapport à un placebo, les diabolos étaient plus efficaces sur la prévention des récidives à 6 mois, avec 55% d’enfants sans récidive versus 15% [1,20-11,04] (1 étude, 42 enfants, preuves de très faible qualité), et sur le nombre moyen de récidives à 6 mois (0,86 vs 2,0, preuves de très faible qualité).