Y a-t-il un véritable intérêt à traiter les diabétiques de type 2 hospitalisés par insulinothérapie en boucle fermée ?

  • Bally L & al.
  • N Engl J Med
  • 25 juin 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Chez les patients diabétiques de type 2 (DT2), en état non critique, hospitalisés pour recevoir des soins, l’utilisation d’un système de délivrance d’insuline en boucle fermée permet de mieux contrôler la glycémie qu’un traitement conventionnel classique par insuline en multi-doses.

Le pourcentage moyen de temps passé dans la cible thérapeutique (100-180 mg/dL ou 5,6 à 10,0 mmol/L, critère principal d’évaluation) était plus important chez les patients traités grâce au système de délivrance de l’insuline en boucle fermée que dans le groupe contrôle (respectivement 65,8 et 41,5%).

Pourquoi est-ce important ?

Des données de la littérature indiquent que la survenue d'hyperglycémies durant une hospitalisation augmente le temps global du séjour, l'apparition de complications et les risque de décès. Les contraintes liées à l’hospitalisation (notamment la disponibilité des équipes soignantes) impacte la stabilité du contrôle glycémique des patients. Ainsi, il était intéressant d’évaluer si la délivrance d’insuline en boucle fermée permettait de mieux équilibrer le taux de glucose qu’une insulinothérapie classique.

Méthodologie

Cette étude randomisée, en ouvert, a été menée au Royaume-Uni et en Suisse au sein de deux hôpitaux de soins tertiaires. Au total, 136 adultes diabétiques de type 2 traités par insulinothérapie ont été inclus dans l’étude pour recevoir soit de l’insuline en système clos (n+70), soit un traitement par insuline standard.

Principaux résultats

La cause principale d’hospitalisation des sujets inclus dans l’étude était le sepsis (43% des patients). Bien que les caractéristiques des patients étaient similaires en termes de ratio hommes/femmes, IMC, HbA1c, durée du diabète et de besoins en insuline. Le pourcentage moyen de temps passé dans la cible thérapeutique était de 65,8 ±16,8% avec le système en boucle fermée et de 41,5 ±16,9% dans le groupe contrôle, soit une différence de 24,3 ±2,9% [18,6-30,0], p

La glycémie moyenne était de 154 mg/dL (8,5 mmol/L) pour le système en boucle fermée et de 188 mg/dL (10,4 mmol/L) dans le groupe contrôle, p

La survenue d’hypoglycémies et les doses d’insuline délivrées n’étaient pas significativement différentes entre les deux groupes. Le coefficient moyen de variation des mesures de glucose sur 24h était significativement inférieur dans le groupe en boucle fermée par rapport au groupe contrôle (15,6 vs 21,7%, p=0,001). 

Aucun épisode d’hypoglycémie sévère ou d’hyperglycémie cliniquement significative avec cétonémie n’a été notifié quel que soit le groupe.

Principales limitations

Les sujets inclus dans le groupe système de délivrance de l’insuline en boucle fermée présentaient à l'inclusion plus de comorbidités que ceux du groupe contrôle (Index de comorbidité de Charlson 9,4 vs 7,0, p