Xofigo® : finalisation de l’arbitrage par le PRAC


  • Fanny Le Brun
  • Univadis Actualités médicaments
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Xofigo® (radium-223) est indiqué dans le traitement du cancer de la prostate résistant à la castration, avec métastases osseuses symptomatiques et sans métastases viscérales connues.

Ce traitement a fait l’objet d’un arbitrage par le PRAC suite à la notification d’un risque accru de décès et de fractures dans le bras Xofigo® d’un essai clinique de phase 3 dans lequel Xofigo® ou un placebo étaient administrés en association avec Zytiga® (acétate d'abiratérone) et des corticoïdes (prednisone / prednisolone) chez des patients chimio-naïfs asymptomatiques ou peu symptomatiques ayant un cancer de la prostate résistant à la castration avec métastases osseuses. Une lettre d’information a été envoyée aux professionnels de santé en décembre 2017 et des mesures transitoires ont été mises en place en mars 2018.

Le PRAC a rendu ses conclusions lors de sa réunion mensuelle du mois de juillet et recommande la mise en place des mesures suivantes :

  • Modification de l’indication afin de limiter l’utilisation de Xofigo® qui ne pourra être utilisé qu’en troisième ligne chez les patients ayant reçu deux traitements antérieurs pour un cancer de la prostate métastatique résistant à la castration ou qui ne peuvent pas recevoir d'autres traitements.
  • Confirmation des mesures déjà mises en place en mars 2018, c’est-à-dire l’introduction d’une contre-indication d’utilisation avec l'anti-androgène Zytiga® et la prednisone / prednisolone.
  • Pas d’utilisation de Xofigo® en association avec d'autres thérapies systémiques anticancéreuses, autres que les analogues de la LHRH (Hormone de libération de la lutéinostimuline) visant à maintenir des taux réduits d’hormonothérapie.
  • Pas d’utilisation de Xofigo® chez les patients qui ne présentent aucun symptôme lié à la présence de métastases, conformément à l'indication actuelle, ni chez ceux présentant un faible nombre de métastases osseuses ostéoblastiques. A noter que chez les patients modérément symptomatiques, le bénéfice au vue du risque du traitement devra être soigneusement évalué.
  • Evaluation de l'état général de la fonction osseuse et du risque initial de fractures avant le début du traitement puis surveillance étroite pendant au moins 24 mois. Le recours à des mesures préventives telles que la prescription d’un biphosphonate ou de dénosumab devra être évalué.

Ces recommandations du PRAC ont été approuvées par le CHMP et seront envoyées à la Commission Européenne pour une décision définitive.

Le PRAC a également recommandé que l’AMM soit conditionnée par l’obligation de son détenteur de mettre en place un essai clinique randomisé, une étude de sécurité post AMM ainsi qu’une étude de bio distribution. En effet, bien que des hypothèses sur l’augmentation du risque de fractures aient été émises (accumulation sur les sites osseux fragilisés), les raisons de l’augmentation des décès précoces dans l’étude ne sont pour l’instant pas élucidées.