WPA : Diabète de type 2 et dépression : une comorbidité bidirectionnelle

  • Dr Dominique-Jean Bouilliez

  • JIM Actualités des congrès
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L'incidence et la prévalence de la comorbidité « diabète de type 2 et dépression » est en augmentation constante à travers le monde, ce qui n'est pas étonnant quand on sait que l'on estime aujourd'hui à 422 millions le nombre de diabétiques de type 2 et que l'on sait que la dépression atteint environ 350 millions de personnes. Le diabète de type 2 a été la cause de décès de 1,6 millions de personnes en 2015 tandis que la dépression est la première cause de morbidité pour maladie mentale. Cependant, si le diabète est une maladie métabolique avec une composante génétique, il est aussi influencé par l'environnement dont le stress, …, estiment certains auteurs. La dépression est l'un de ces facteurs, notamment parce qu'elle conduit à une prise en charge déficiente du diabète. Et, c'est dans ce cadre que l'étude INTERPRET-DD (International Prevalence and Treatment Study) a été mise sur pied.

Projet international regroupant 14 pays, cette étude s'est intéressée de près à la qualité de vie des patients présentant la comorbidité dépression + diabète de type 2, ainsi que l'incidence, la prévalence et les principales complications de cette comorbidité. Récemment publiée (1), cette étude a concerné 2 783 personnes diabétiques de type 2 (54,7 % de femmes) avec une durée moyenne de 8,8 ans de présence du diabète. Dans cette population, 10,6 % ont eu un diagnostic de dépression majeure tandis que 17,0 % ont présenté une symptomatologie évocatrice d'une dépression modérée à sévère étayée par plusieurs scores : MINI (Mini International Neuropsychiatric Interview), PAID (Problem Areas in Diabetes Questionnaire), ainsi que le Well-Being Index (WHO-5) et le PHQ-9 (Patient Health Questionnaire).

Analysant ces résultats en fonction de données sociodémographiques, cliniques et de style de vie, les auteurs ont constaté que certaines variables entraînaient une plus forte comorbidité : le sexe (p
Dans la mesure où les symptômes dépressifs ont un impact majeur sur l'évolution du diabète, les auteurs recommandent une détection et un suivi attentif de ces patients afin de réduire les complications liées au diabète de type 2 et d'améliorer l'adhérence thérapeutique et la qualité de vie. Ils insistent également sur la nécessité de lutter contre le sédentarisme qui favorise ces deux affections.

Norman Sartorius (Suisse) qui présidait la session, faisait également remarquer que la relation diabète - dépression est bidirectionnelle et que les dépressifs, soit par une alimentation déséquilibrée, soit parce que les antidépresseurs font prendre du poids, sont à risque plus élevé de diabète de type 2 que la population générale.

On comprend mieux dans ces conditions que l'American Diabetes Association attire l'attention sur la prise en charge psychologique du diabète et demande de ne pas être 'glucocentrique' dans l'approche de cette maladie.