WhatsApp, Messenger, Snapchat, Tumblr… résultats d’une étude évaluant l’impact des réseaux sociaux sur la santé mentale des adolescents

  • Viner RM & al.
  • Lancet Child Adolesc Health
  • 1 oct. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Des analyses complémentaires de l’étude Our Futures montrent que l’altération du bien-être et de la santé mentale du fait de l’usage important des réseaux sociaux serait fortement chez les filles influencée par l’exposition au cyber-harcèlement, par les troubles du sommeil et de façon moindre par le manque d’activité physique. En revanche, chez les garçons, l’influence de ces facteurs serait moindre, et l’impact sur la santé mentale passerait par d’autres mécanismes non encore identifiés. Ainsi, ces résultats suggèrent que l’effet délétère des réseaux sociaux serait plus lié au contenu consommé et à l’impact sur le sommeil et l’activité physique qu’à leur usage en tant que tel. 

Pourquoi cette étude est intéressante ?

Nos sociétés occidentales baignent dans les nouvelles technologies et les réseaux sociaux. Aujourd’hui, des inquiétudes émergent au sujet d’un éventuel lien entre une utilisation importante des réseaux sociaux par les adolescents, le bien-être et la santé mentale. En revanche, les données sont encore faibles et souvent contradictoires. D’où l’intérêt d’études comme celle présentée ici qui met en évidence des associations significatives.

Méthodologie

Les résultats présentés ici sont issus d’analyses complémentaires de l’étude Our Futures, une étude nationale représentative, longitudinale ayant inclus 12.866 jeunes anglais âgés de 13 ans à 16 ans. La fréquence d’utilisation des réseaux sociaux a été évaluée par un premier questionnaire administré entre 13 et 14 ans puis par un deuxième questionnaire administré entre 15 et 16 ans. La santé mentale et le bien-être ont été mesurés entre les deux questionnaires évaluant l’usage des réseaux sociaux. La première a été évaluée par le questionnaire GHQ12-General Health Questionnaire, pour lequel un score ≥3 indiquait une détresse psychologique, et le second par un questionnaire côté entre 1 et 10, explorant la satisfaction de vivre, la sensation que la vie vaut la peine d’être vécue, la perception du bonheur et l’anxiété. La fréquence d’utilisation des réseaux sociaux était rapportée comme nulle, hebdomadaire, plusieurs fois par semaine (quotidienne, deux à trois fois par semaine ou plus de trois fois par semaine).

Principaux résultats

Les résultats des analyses ont montré que :

  • L’usage très fréquent des réseaux sociaux, c’est-à-dire plusieurs fois par jour, a augmenté chez les mêmes individus entre 13-14 ans et 15-16 ans, passant de 34,4% à 68,5% chez les garçons et de 51,4% à 75,4% chez les filles.
  • Un usage très fréquent des réseaux sociaux à 13-14 ans augmentait significativement la détresse psychologique de 31% (p=0,014) chez les garçons et de 67% (p=0,0009) chez les filles avant l’âge de 16 ans.
  • Contrairement aux garçons, le bien-être des filles était impacté, à travers la diminution de la satisfaction personnelle de 14%, la diminution de la sensation de bonheur de 20% et l’augmentation de l’anxiété de 28%.
  • En revanche, l’association entre la fréquence d’utilisation des réseaux sociaux et la détresse psychologique, l’intérêt de la vie, la sensation de bonheur n’était plus significative chez les filles après ajustement sur le cyber-harcèlement, le sommeil et l’activité physique. Elle le restait par contre pour l’anxiété. Les analyses ont montré que le cyber-harcèlement, les troubles du sommeil et l’insuffisance d’activité physique impactaient la détresse psychologique à hauteur de 58%, la sensation d’une vie satisfaisante à hauteur de 80%, la sensation de bonheur à hauteur de 48% et l’anxiété à hauteur de 32%.
  • Les constats étaient différents chez les garçons, puisque le cyber-harcèlement, le sommeil et l’activité physique n’étaient responsables qu’à hauteur de 12% de l’impact d’un usage fréquent des réseaux sociaux sur le bien-être et la santé mentale ultérieure.