Vulnérabilité sociale : des généralistes fortement impliqués


  • Serge Cannasse
  • Univadis Actualités Médicales
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Mis en place en décembre 2013, le troisième panel national de médecins généralistes libéraux interroge chaque semestre des praticiens sur leur prise en charge de divers problèmes de santé. Entre mars et mai 2017, l’enquête a porté sur le problème des patients en situation de vulnérabilité sociale, dont le Collège de médecine générale a souligné que le repérage devrait être une pratique systématique.

Les trois quarts des praticiens interrogés ont déclaré avoir plus de difficultés pour prendre en charge ces patients par rapport aux autres. Elles sont de deux ordres :

-       cliniques : multimorbidité (86% des répondants), observance (84%), recours tardif aux soins (83%) ;

-       non cliniques : durée plus longue de la consultation (83%), manque de coordination avec le secteur social (78%), obstacles à la prévention pour ces patients (75%), surcharge de travail administratif (73%).

Elles ne varient pas selon que les patients sont des hommes ou des femmes.

Un médecin interrogé sur cinq estime la part de sa patientèle en vulnérabilité sociale à plus de 10%. Trois sur cinq déclarent avoir été en contact au cours de la semaine précédant l’enquête avec une structure sociale ou médico-sociale pour la prise en charge de l’un de leurs patients. Celui-ci était le plus souvent un homme (57% des cas), âgé de 45 à 59 ans (35%), suivi depuis moins de 5 ans (51%) et ayant un état général jugé médiocre ou mauvais (45%). Pour 83% des médecins, ce patient a des conditions de vie qui influent sur sa santé : principalement l’insuffisance de ses revenus (67%), son isolement social (61%) et des difficultés liées à l’emploi (57%). Les praticiens estimant à plus de 10% la part de leur patientèle en situation de vulnérabilité sociale identifient plus fréquemment que les autres les problèmes liés au logement (41% versus 33%) et à l’insuffisance de la protection sociale (24% versus 18%).

Malgré les difficultés de prise en charge, neuf médecins sur dix estiment qu’il est de leur rôle d’adapter leur relation avec un patient en situation de vulnérabilité sociale. Huit sur dix pensent qu’ils doivent adapter leur prise en charge biomédicale et repérer systématiquement ce type de patients. En revanche, seuls trois sur cinq pense qu’il est de leur rôle d’organiser des collaborations avec les secteurs social et médico-social et un sur deux qu’ils doivent accorder des aménagements financiers, bien que quatre sur cinq déclarent l’avoir fait souvent ou parfois au cours du dernier mois.

Plus de quatre praticiens sur cinq déclarent recueillir toujours ou souvent des informations relatives à la situation sociale d’un nouveau patient. Plus de neuf sur dix de ceux qui le font les inscrivent dans le dossier médical.

Enfin, plus de la moitié des médecins interrogés déclarent ne pas se sentir suffisamment formés pour la prise en charge de ces patients, notamment en ce qui concerne les « domaines et possibilités d’intervention » des travailleurs sociaux et l’accès aux droits dans le système français. Le besoin de formation s’atténue avec l’expérience de ces situations.