Vos patientes diabétiques ont-elles réellement conscience de l’intérêt à prévoir une grossesse ?

  • Feutry L & al.
  • Ann Endocrinol (Paris)

  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir

Des chercheurs ont souhaité évaluer les connaissances concernant la grossesse et l’usage des méthodes contraceptives de femmes françaises diabétiques de type 1 et 2.

  • Les trois-quarts des femmes ont déclaré être informées des risques liés au diabète en cas de grossesse ;
  • Les femmes diabétiques de type 1 sont significativement plus informées que celles atteintes d’un diabète de type 2 ;
  • En revanche, seules un tiers connaissent l’HbA1c préconceptionnelle cible ;
  • Les femmes diabétiques de type 1 et celles qui avaient déjà été enceintes avaient cinq fois plus de chances d’avoir des connaissances adéquates sur le sujet.

Pourquoi est-ce important ?

Le diabète durant la grossesse est associé à des complications majeures pour la mère et l’enfant. Ces risques peuvent être réduits par des soins délivrés avant la conception. Le mauvais contrôle glycémique peut conduire jusqu’à tripler le risque de fausse couche ou de malformations fœtales. Les soins préconceptionnels visent à obtenir une glycémie similaire à celle de la population générale non diabétique. Idéalement, une grossesse ne devrait être envisagée chez une femme diabétique qu’après avoir obtenu une HbA1c <6,5%. La grossesse a donc tout intérêt à être anticipée pour permettre à la femme d’être dans les meilleures conditions d’équilibre glycémique possible.

Méthodologie

Cette étude observationnelle a été menée entre février et juillet 2020 à l’hôpital universitaire de Reims. Pour être incluses, les femmes devaient être âgées entre 18 et 40 ans et être atteintes de diabète de type 1 ou 2. Les patientes ont répondu à un questionnaire pour évaluer leurs usages de la contraception et leurs connaissances relatives à la grossesse en cas de diabète.

Principaux résultats

Au global, 89 femmes souffrant de diabète de type 1 (âge moyen 27,9 ans) et 33 souffrant de diabète de type 2 (âge moyen 32,6 ans) ont été incluses dans les analyses. Aucune femme ne présentait d’antécédents d’AVC ou de maladie artérielle périphérique en lien avec le diabète. Les cas de rétinopathie et de néphropathie étaient à un stade précoce de la maladie. Aucune des femmes sous contraceptif oral n’avait d’antécédent d’atteinte hépatique. Sur l’ensemble de la cohorte, 75,2% des femmes ont déclaré avoir été informées des risques liés à la grossesse (environ 8 sur 10 parmi celles diabétiques de type 1, et 6 sur 10 parmi celles qui souffraient d’un diabète de type 2). Elles avaient reçu ces informations principalement d’un diabétologue (90,2%), d’un gynécologue (51,2%), d’un médecin généraliste (46,3%) ou d’une sage-femme (17,1%).

Sur toutes les femmes, 67% savaient qu’il était préférable d’anticiper leur grossesse. 32,5% des participantes connaissaient l’HbA1c préconceptionnelle cible : 38,6% chez les diabétiques de type 1 et 15,6% chez les diabétiques de type 2. Les femmes atteintes de diabète de type 1 étaient beaucoup plus au fait de ces connaissances que celles atteintes de diabète de type 2 (65,9% versus 36,4%, p=0,003). En analyse multivariée, les femmes diabétiques de type 1 avaient nettement plus de chances d’avoir des informations correctes concernant la grossesse en cas de diabète (odds ratio (OR) 4,9 [1,5-15,9]), ainsi que celles qui avaient déjà été enceintes (OR 5,8 [1,9-17,8]).

Par ailleurs, 72,1% des femmes utilisaient une méthode contraceptive efficace.