Vitamine D : un bénéfice osseux négligeable chez les plus de 70 ans

  • Aspray TJ & al.
  • Am J Clin Nutr
  • 1 janv. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Univadis Résumés Cliniques
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À retenir

  • La comparaison de trois schémas d’administration mensuelle de vitamine D (12.000, 24.000 ou 48.000 UI/mois) menée chez 379 patients offre la même évolution de la DMO et de la fréquence des chutes évaluées sur 12 mois dans une cohorte de patients ≥70 ans. Parallèlement, la tolérance était globalement bonne et similaire pour les trois groupes.
  • L’absence de groupe placebo ne permet pas de déterminer si ce résultat est issu d’un effet thérapeutique similaire des trois différentes posologies ou d’une absence de bénéfice. Cependant, ces trois posologies offrent aux patients traités des taux de 25(OH)D circulants conformes aux recommandations britanniques.
  • Ces résultats vont dans le sens des conclusions d’une précédente méta-analyse dédiée à la question [1].

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Les études ayant évalué l’intérêt d’une supplémentation par la vitamine D sur la densité minérale osseuse (DMO) restent contradictoires et les analyses les plus récentes suggèrent qu’il pourrait se limiter aux sujets en carence en vitamine D. Parallèlement, l’adhésion à un traitement préventif quotidien peut être difficile à obtenir et l’administration de posologies plus espacées pourrait être un facteur facilitant, d’autant que le temps de demi-vie du 25(OH)D est de l’ordre de plusieurs jours. Il était donc intéressant d’évaluer si un traitement mensuel permettait d’établir un meilleur niveau de preuve sur la question tout en promettant une meilleure observance.

M é thodologie

L’étude monocentrique randomisée en double aveugle a recruté des sujets ≥70 ans répartis entre 3 groupes : 12.000, 24.000 ou 48.000 UI de vitamine D par mois, équivalant respectivement à des doses journalières de 400, 800 et 1.600 UI/j. Tous les patients ont bénéficié d’une absorptiométrie biphotonique DXA à l’inclusion puis à 12 mois.

Principaux résultats

  • Parmi les 379 patients recrutés, 343 ont terminé l’étude. Les caractéristiques à l’inclusion étaient similaires dans les 3 groupes, y compris en termes d’exposition moyenne au soleil ou en termes de concentration de 25(OH)D (40,0 nmol/L).
  • Après 12 mois de traitement, aucune différence significative n’a été observée en termes d’évolution de la DMO au niveau de la hanche ou au niveau du fémur entre les trois schémas d’administration (variation de -0,003 à 0,014 vs l’inclusion selon le groupe, non significatif y compris dans l’analyse ajustée).
  • Une différence significative existait entre le groupe de posologie la plus forte et la plus faible en termes de concentration de 25(OH)D (delta de 25,3 nmol/L (p
  • Dans un modèle d’analyse ajustée, la variation de la DMO de la hanche était associée à l'âge (diminution significative pour le quartile des plus âgés vs les plus jeunes) et au poids corporel (augmentation significative avec le poids, soit +0,002 g/cm 2 par 10 kg de différence de poids corporel). Au niveau du col fémoral, la DMO de base (P
  • Une augmentation significative de la concentration moyenne en 25(OH)D a été observée dans les 3 groupes et ont permis à 99,7%, 100% et 100% des patients ayant reçu 12.000, 24.000 ou 48.000 UI d’obtenir un taux ≥25 nmol/L à 12 mois
  • Au total, 249 chutes sont survenues chez 141 patients, la fréquence des chutes étant similaire à 1 an dans les 3 groupes : cette fréquence était comprise entre 20 et 28% selon le bras au cours des 3 premiers mois, 8% à 13% au cours du deuxième trimestre, 5% à 7% durant le troisième, 6% et 7% au cours du quatrième.

Financement

L’étude a été financée par une fondation britannique.