Vingt indicateurs pour évaluer la Stratégie nationale de santé


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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La Stratégie Nationale de Santé (SNS) va être évaluée grâce à une batterie de 20 indicateurs de résultats et d’impacts identifiés par la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques ). Conformément à un arrêté du 1er février 2018, celle-ci a sollicité le HCSP (Haut Conseil de la santé publique) pour avis sur ces indicateurs, dont le but est de mesurer les effets de la SNS sur la santé de la population (indicateurs de performance), plutôt que d’évaluer le pilotage des actions (indicateurs de processus).

En préliminaire, le HCSP rappelle l’expérience européenne en la matière : construction de 88 indicateurs (2008), puis sélection des plus pertinents (2013) et révision de ceux retenus, afin de créer des réseaux européens d’information sur la santé (début en 2017). Il regrette que ces travaux n’aient pas été utilisés en France.

Il formule deux remarques d’ordre général. D’une part, il y a une forte disparité entre le nombre d’indicateurs par axe stratégique. Ainsi, l’axe IV (innover pour transformer notre système de santé en réaffirmant la place des citoyens) n’a qu’un seul indicateur et la recherche et l’innovation n’en ont aucun. D’autre part, des indicateurs associés aux objectifs nationaux d’amélioration de la santé et de la protection sociale n’ont pas été sélectionnés par la DREES, alors qu’ils couvrent des thèmes importants, comme le surpoids et l’obésité, la santé au travail, la lutte contre l’antibiorésistance, le repérage précoce en santé mentale, etc.

Quoi qu’il en soit, le HCSP s’est proposé d’évaluer les indicateurs retenus par la DREES selon 4 critères : pertinence (capacité à mesurer l’atteinte d’un objectif), cohérence, caractère opérationnel (capacité à être produit facilement), imputabilité (capacité à traduire l’effet d’une action donnée).

Les deux indicateurs de résultats à long terme sont pertinents, cohérents, opérationnels et imputables : espérance de vie à la naissance, espérance de vie sans incapacité. Le HCSP propose d’ajouter l’espérance de vie à 65 ans et de distinguer espérances de vie sans incapacité à la naissance et à 65 ans.

Les autres indicateurs portent sur des effets par axe stratégique (indicateurs de résultats intermédiaires). Pour chacun le HCSP formule les précisions éventuelles qu’il souhaite y voir apporter, en particulier pour en améliorer la pertinence ou, pour l’un d’eux (prévalence de la polymédication), l’imputabilité. Par exemple, il serait pertinent de décliner le taux de couverture vaccinale contre la grippe (indicateur 7) selon les classes d’âges, pour rendre compte des risques particuliers qui leur sont liés. Il serait également intéressant d’évaluer les taux de couverture vaccinale des professionnels de santé.

Un seul indicateur est jugé ne pas être à sa place : le taux de chirurgie ambulatoire, dont le HCSP estime qu’il s’agit d’un indicateur de processus et non de résultats. Il regrette que deux d’entre eux soient réservés à l’Outre-mer alors qu’ils seraient tout aussi utiles en métropole (taux de mortalité périnatale et prévalence du diabète traité pharmacologiquement).

Ces réserves faites, le HCSP estime que la plupart des indicateurs répondent positivement aux 4 critères retenus. Il propose de classer les indicateurs de résultats intermédiaires en 4 champs : promotion-prévention, inégalités d’accès aux soins, pertinence des prises en charge, dispositions spécifiques aux enfants, dispositions spécifiques à l’Outre-mer.