VIH: profil des HSH ayant recours aux autotests


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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Depuis leur commercialisation en 2015, peu de données étaient disponibles concernant les caractéristiques des utilisateurs des autotests VIH. L’Enquête Rapport au Sexe (ERAS) qui a été menée en 2017 par Santé publique France, qui a inclus 7.918 hommes ayant déclaré au moins un rapport sexuel avec un homme et au moins un dépistage VIH dans les 12 mois précédents, apporte ses enseignements : seuls 5,0% des HSH sexuellement actifs et dépistés dans l’année avaient utilisé un autotest lors de leur dernier dépistage du VIH au cours des 12 mois précédant l’enquête. Ce chiffre était le plus élevé parmi la population des 18-19 ans (7,4%) et était le plus faible chez les 45 ans et plus (3,9%), suggérant que l’autotest est une possible première expérience de dépistage pour les plus jeunes.

Des sujets plus exposés au risque d’infection

Le profil des utilisateurs correspondait à ceux qui étaient les plus exposés puisque le recours aux autotests était de 5,6% et de 5,5% parmi ceux qui avaient eu de 2 à 5 ou plus de 5 partenaires au cours des 6 derniers mois, soit un OR ajusté de 1,8 [1,3-2,5] et 2,1 [1,5-3,0] respectivement. Le recours à l’autotest était plus élevé chez les usagers des autotests (6,3%), des préservatifs (5,3%) et ceux n’utilisant pas de méthode de protection (5,2%) alors que ceux sous PrEP les utilisaient peu (1,2%).

Il est intéressant de noter qu’aucune différence n’a été observée selon le niveau socio-économique, mais les auteurs posent l’hypothèse que la mise à disposition récente de tests moins coûteux (Exacto) complétant l’offre actuelle (autotest VIH, INSTI) pourrait accroître leur utilisation.

Les auteurs soulignent que le recours à l’autotest semble relever d’une certaine distance avec le système de santé, étant donné que 14,8% des utilisateurs d’autotests n’avaient pas réalisé de dépistage d’autres IST, contre 2,5% pour ceux qui en avaient réalisés (ORa :7,4 [5,9-9,1]).

Vers une distribution secondaire ?

Les autotests VIH, commercialisés dans les officines depuis septembre 2015 et qui constituent l’une des voies d’accès au dépistage, à côté de ceux préexistant par prescription, en CeGIDD ou des TROD semblent donc utiles pour une frange de la population d’HSH à risque d’exposition. Cette analyse est intéressante et permet d’apporter des éléments d’information répondant aux questions éthiques, stratégiques et organisationnelles qui ont été posées à l’époque de leur mise à disposition.

Les auteurs de l’article évoquent « l’intérêt de cet outil » et plaident pour « une disponibilité plus large, incluant la distribution secondaire » qui consiste en la redistribution auprès des partenaires et le partage de connaissances concernant cet outil ».