VIH : baisse d'un quart des diagnostics après généralisation de la PrEP !

  • Grulich AE & al.
  • Lancet HIV
  • 17 oct. 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • L’implémentation de la prophylaxie pré-exposition de l’infection par le VIH (PrEP) chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) à haut risque d’infection permet de réduire de façon rapide et significative l’incidence des diagnostics de VIH à 12 mois : en effet, l’étude EPIC-NSW, menée dans l’État australien de Nouvelle-Galles du Sud à partir de 2016, a permis de réduire de plus d’un quart la fréquence des diagnostics, et celle des diagnostics d’infection récente de près d’un tiers, alors même que les pratiques à risque ont été localement décrites comme plus fréquentes sur cette même période.

  • Outre son bénéfice individuel, la PrEP confirme dans cette étude son bénéfice en terme de santé publique. En 12 mois, l’implémentation de la PrEP auprès de la population à risque a permis à la Nouvelle-Galles du Sud d’atteindre le plus faible taux de nouveaux diagnostics chez les HSH depuis 1985. Les disparités territoriales ou sociodémographiques qui sont observées quant à l’efficacité de la prophylaxie nécessitent un travail de terrain, combinant à la fois sensibilisation, information et suivi.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

L’efficacité de la PrEP a été décrite à travers des études cliniques randomisées, ainsi que par l’extension en ouvert de l’étude française IPERGAY. Manquaient encore les conclusions d’études menées en population, et permettant d’apprécier l’évolution de l’incidence du VIH parmi la population cible, pour consolider cet ensemble de données.

Méthodologie

  • L’étude EPIC-NSW (Expanded PrEP Implementation in Communities–New South Wales) était une étude prospective multicentrique menée dans l’État australien de Nouvelle-Galles du Sud. Elle a permis de traiter par PrEP les sujets de 18 ans ou plus non-VIH et à haut risque de contamination par le VIH (sexe anal non protégé avec un partenaire régulier VIH positif ou avec des partenaires occasionnels dont le statut VIH est positif ou non connu, diagnostic d’IST  - chlamydia ou gonorrhée au niveau rectal, syphilis - ou consommation de Crystal meth), reçus par 21 sites territoriaux.
  • Après initiation du traitement (ténofovir TDF/emtricitabine), le suivi était trimestriel et les deux objectifs principaux étaient l’incidence du VIH dans la cohorte recrutée sur 12 mois ainsi que l’évolution de l’incidence de la maladie au niveau de l’État.

Principaux résultats

  • L’étude a recruté 7.621 sujets entre mars 2016 et octobre 2017, soit près de 19,6 % de la population estimée d’hommes gays sexuellement actifs sans diagnostic VIH positif ou connu au niveau de l’Etat. L’analyse a été menée auprès de 3.638 patients recrutés au début de l’étude avant octobre 2016.

  • Parmi les participants, 99% étaient des hommes, 96% s'identifiant comme homosexuels et 4% comme bisexuels. L'âge médian était de 36 ans et 56% d’entre eux étaient australiens de naissance. Le risque encouru le plus fréquent était les rapports sexuels anaux non protégés avec au moins un partenaire occasionnel (91%). Par ailleurs, 30%, 7% et 1% de sujets inclus étaient exposés à 2, 3 ou 4 des risques d’infection. Le suivi des patients était disponible pour 88% de la cohorte à 1 mois et pour 76% à 12 mois.

  • Durant les 12 mois de suivi, deux diagnostics de VIH ont été posés chez deux hommes qui étaient non adhérents au traitement.

  • Au niveau de la Nouvelle-Galles du Sud, le nombre de diagnostics de VIH posés chez les HSH au cours des 12 mois suivant le déploiement de la PrEP a diminué de 295 à 221 soit une réduction du risque relatif (RRR) de 25,1% [10,5–37,4]. Les infections récentes ont diminué significativement (RRR 31,5%), alors que les autres diagnostics ont suivi une baisse statistiquement non significative.

  • L’étude mettait en évidence d’importantes disparités territoriales (baisse plus élevée dans certains quartiers que dans d’autres) et sociodémographiques (diminution maximale chez les 45 ans et plus, et chez les sujets australiens contre une baisse moins forte ou une augmentation selon l’origine des participants).

Financement

L’étude a été financée par le ministère de la santé australien.