Vigilance sur les troubles du comportement alimentaire chez les sujets souffrant de syndrome de l’intestin irritable !

  • Melchior C & al.
  • Front Psychiatry
  • 1 janv. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir 

Une équipe française a comparé la prévalence de l’anxiété, de la dépression et des troubles du comportement alimentaire chez des sujets souffrant de syndrome de l’intestin irritable (SII) versusdes sujets témoins. Ils montrent que la prévalence des troubles du comportement alimentaire serait similaire entre des sujets qui souffrent de SII et les autres. Les sujets SII souffrant de troubles du comportement alimentaire auraient par ailleurs plus souvent que les autres déclaré un événement traumatisant (ex. abus sexuel). Et ceux qui cumulaient SII et troubles du comportement alimentaire avaient des niveaux d’anxiété et de dépression plus élevés que les autres.

Quel est l’intérêt de ces résultats en pratique clinique ?

Cette étude alerte sur le fait qu’il ne faut pas sous-estimer les troubles du comportement alimentaire chez les sujets qui souffrent de SII, en particulier chez les plus anxieux ou dépressifs et chez ceux qui ont subi un événement traumatisant. Ceci est d’autant plus important que les alimentations faibles en FODMAP font souvent partie des prises en charge du SII et que ces patients optent d’eux même facilement pour une alimentation restrictive notamment sans gluten. 

Protocole de l’étude

Il s’agit d’une étude prospective ayant inclus des patients souffrant de syndrome de l’intestin irritable selon les critères Rome III. Ceux-ci ont été appariés à des sujets volontaires sans affection de ce type. Les troubles du comportement alimentaire ont été évalués grâce à l’auto-questionnaire SCOFF-F (dans sa version française), l’anxiété et la dépression par l’échelle HAD, et la qualité de vie par le score GIQLI (indice de qualité de vie gastro-intestinale à 36 items). Les individus ont ensuite été classés en 4 groupes en fonction de leur statut SII ou non et de la présence ou non de troubles du comportement alimentaire. 

Principaux résultats

Au total, 228 sujets souffrant de SII et 228 sujets sains ont été inclus dans les analyses (âge moyen 42,5 ans, 76,7% de femmes). Parmi les patients souffrant de SII, un quart avait un trouble du comportement alimentaire (score SCOFF-F positif 25,4% vs 21,1% chez les volontaires sains), avec une prédominance globale féminine (29,4 vs 15,1%). Les patients SII ayant des troubles du comportement alimentaire ne différaient pas des autres sur l’âge, le sexe, les symptômes liés au SII. La prévalence de l’anxiété et celle de la dépression étaient significativement plus importantes chez les sujets ayant un SII que chez ceux qui n’en souffraient pas (respectivement 43% et 14,0% vs 24,7% et 4,0%).

Les individus qui souffraient à la fois de SII et de troubles du comportement alimentaire étaient significativement plus susceptibles d’avoir des symptômes d’anxiété ou de dépression que ceux qui ceux qui n’avaient ni l’un, ni l’autre. En revanche, il n’y a avait pas de différence significative sur les scores d’anxiété ou de dépression entre ceux qui souffraient seulement de SII ou de troubles du comportement alimentaire.

Principales limitations

Pas de corrélation entre l’âge, le sexe, le risque de troubles du comportement alimentaire. Le score SCOFF-F est basé sur un auto-questionnaire qui ne permet pas de caractériser de manière complète les troubles du comportement alimentaire.