VHC : l'association grazoprevir/elbasvir supérieure à la trithérapie à base de sofosbuvir dans le génotype 1

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Au mois de mai 2016, l'association fixe grazoprevir/elbasvir (Zepatier®) a reçu un avis favorable de mise sur le marché dans le traitement de l'hépatite C chronique de la part du Comité des médicaments à usage humain (CHMP) de l’Agence européenne des médicaments (EMA). Depuis, l'étude de phase III C-EDGE, comparant cette nouvelle combinaison au traitement de référence (sofosbuvir-interféron pégylé– ribavirine) chez des sujets infectés par le génotype 1 ou 4 du VHC, a été publiée.

Méthodologie

  • C-EDGE est une étude de phase III multicentrique randomisée et ouverte qui a inclus 257 sujets infectés par le VHC de génotype 1 ou 4. Ils étaient naïfs de tout traitement ou pré-traités (ratio 75/25%).

  • Les sujets nécessitant plus de 12 semaines de traitement selon l'investigateur, et ceux ayant une co-infection VIH/VHB, une maladie hépatique décompensée ou un carcinome hépatocellulaire étaient exclus.

  • Les sujets étaient randomisés 1:1 entre un traitement de 12 semaines par grazoprevir/elbasvir (GZR/EBR) 50/100 mg une fois par jour, ou un traitement de 12 semaines par sofosbuvir (SOF) 400 mg par jour associé à la combinaison interféron pégylé (1,5 µg/kg) – ribavirine (1000-1200 mg). Le suivi était conduit durant 24 mois.

  • Le critère principal d'efficacité était la réponse virologique soutenue à 12 semaines (RVS12). Le critère principal de tolérance était la proportion de patients souffrant d'un évènement lié à la tolérance (tout événement indésirable grave ou impliquant un arrêt du traitement, une neutropénie<0,75.109/L, Hb<10g/dL, taux d'AST/ALT 5 fois supérieurs à la limite supérieure normale...).

Limitations

  • L'étude a été financée par l'industrie pharmaceutique (Merck Sharp & Dohme).

  • Seuls un petit nombre de sujets infectés par le génotype 4 du VHC ont pu être inclus (n=11).

Résultats

  • La RVS12 était de 99,2% dans le bras expérimental versus 90,5% dans le bras de référence en intention de traiter et, respectivement, de 100% et 90,5% dans l'analyse per protocol. Ainsi, la différence ajustée était de 8,8% (IC95% 3,6-15,3%).

  • L'analyse en sous-groupe a montré que l'efficacité des deux traitements était la même pour les patients infectés par le génotype 1a. Mais celle de l'association GZR/EBR était supérieure pour les sujets infectés par le génotype 1b et 4. La combinaison expérimentale était supérieure indépendamment du statut hépatique (cirrhose ou non) et de l'existence ou non d'un traitement préalable.

  • Parallèlement, les évènements liés à la tolérance de la combinaison GZR/EBR étaient moins fréquents que dans le bras de référence (0,8% vs 27,8%, p<0,001). Les patients sous sofosbuvir présentaient plus souvent des symptômes pseudo-grippaux, un rash, un prurit ou une anémie.

À retenir

La combinaison GZR/EBR présente un rapport bénéfice-risque supérieur à celui du traitement de référence chez les sujets infectés par le génotype 1b et 4 du VHC. Cependant, les taux de patients atteignant la SVR12 étaient similaires pour les sujets infectés par le génotype 1a. Enfin, les données concernant ceux infectés par le génotype 4 restent fragiles étant donné le faible nombre de sujets inclus.