Vers un traitement préventif de la polyarthrite rhumatoïde ?

  • Gerlag DM & al.
  • Ann Rheum Dis
  • 1 déc. 2018

  • de Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Selon l’étude randomisée PRAIRI, une injection IV de rituximab tendrait à réduire le risque de développer les symptômes de polyarthrite rhumatoïde (PR) à 12 mois par rapport à des sujets ayant reçu un placebo. Le temps nécessaire pour que 25% des patients aient été diagnostiqués serait prolongé grâce au traitement, par rapport au placebo. Cependant sur la totalité du suivi (29 mois médian), le bénéfice s’atténuait et ne permettait pas d’atteindre la significativité.

  • Cette étude est une preuve de concept : si elle ne permet pas d’empêcher la PR de se développer, du fait de la persistance des clones de lymphocytes B autoréactifs, elle permet de montrer qu’il est a minima possible de retarder l’apparition des symptômes. Aussi, les auteurs évoquent l’hypothèse qu’une injection annuelle pourrait constituer une approche préventive intéressante. Pour cela, il faudra néanmoins de nouvelles études, et prendre en compte la tolérance du traitement ; ici, le taux d’évènements indésirables graves (EIG), bien que considérés comme non liés au traitement, était supérieur dans le groupe traité.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

La présence de certains auto-anticorps (ACPA, FR) a été décrite dans le sang de sujets asymptomatiques plus de 10 ans avant le développement d’une PR. Chez ces patients, l’idée d’un traitement préventif de la survenue de la maladie pourrait être étudiée. Après une première tentative infructueuse utilisant la dexaméthasone, des chercheurs néerlandais ont évalué l’efficacité d’un traitement ciblé.

Méthodologie

  • L’étude PRAIRI a été menée entre janvier 2010 et décembre 2013 auprès de 81 patients (18-80 ans, positifs aux FR et aux ACPA, CRP>0,6 mg/L, sans antécédent d’arthrite inflammatoire ou de traitement par DMARD).

  • Ils ont été randomisés (1:1) entre une injection de rituximab 1.000 mg IV ou un placebo. Le suivi médian était de 29 mois.

Principaux résultats

  • Le risque de PR sur la durée totale de suivi était de 40% dans le groupe placebo. Le groupe rituximab a bénéficié d’un risque de PR réduit de 55% à 12 mois (HR 0,45 [0,15-1,32], p=0,15) et 52% à 18 mois (HR 0,48 [0,19-1,19]). Ainsi, le délai nécessaire pour que 25% des sujets soient diagnostiqués était 12,0 mois plus long dans le groupe traité.

  • Le ralentissement du développement de la maladie s’atténuait au cours du temps. Ainsi, 40% du groupe placebo présentait une PR après une durée médiane de 11,5 mois contre 34% dans le groupe rituximab après une période médiane de 16,5 mois (p = 0,448).

  • Parmi les caractéristiques à l’inclusion, la VS érythrocytaire et la présence d’anticorps anti-énolase citrulliné (anti-CEP-1) étaient positivement associées au développement de la PR.

Principales limitations

L’étude était exploratoire et menée auprès d’un petit effectif.

Financement

L’étude a notamment reçu un financement européen (European Union Seventh Framework Programme).