Vers des critères probants pour un habitat sain


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

Répondant à une saisine de la DGS (Direction générale de la santé) en date du 21 avril 2018, le HCSP vient de publier un rapport sur les critères d’un habitat favorable à la santé. Le texte rappelle que le sujet reste un enjeu de santé publique, même après les remarquables progrès dus aux politiques hygiénistes du début du 20 ème siècle. Quelques données permettent de s’en faire une idée rapide : en Europe, 110.000 personnes décèdent chaque année à cause de blessures à domicile ou pendant des activités de loisirs au sein du logement ; le nombre de décès imputables au manque de rambardes aux fenêtres ou de détecteurs de fumée s’élève à 7.500 ; environ 15% des asthmes infantiles sont en lien avec l’humidité intérieure ; l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) estime à 19 milliards d’euros le coût annuel de certains polluants de l’air intérieur en France.

Cependant, les enjeux sont beaucoup plus large. Ils portent sur les inégalités de santé, les populations défavorisées cumulant les facteurs de vulnérabilité, mais aussi sur le changement climatique, le vieillissement de la population, la raréfaction des ressources (eau), tous étant des facteurs qui vont obliger des adaptations de l’habitat.

Celui-ci ne doit pas être compris comme le seul bâti. Y sont inclus l’environnement (immédiat, socio-culturel, espaces verts, etc), les interactions sociales (par exemple, les relations de voisinage), l’accessibilité aux services, dont les transports. Le document récapitule de nombreux travaux français et internationaux afin de dresser une liste des éléments à prendre compte, sans prétendre à l’exhaustivité. Il en tire une série de recommandations générales, par exemple, la nécessité de fonder les politiques pour un habitat favorable à la santé sur des critères « probants et actualisés », de partir des mesures de construction de logements, des plans d’urbanisme, d’aménagement des territoires, etc, de travailler à la cohérence des politiques de l’habitat, de la législation et des réglementations à un niveau national et local, d’insister sur la mixité démographique et sociale.

Ce rapport se veut un document de référence, « première étape d’un processus visant à terme à proposer des lignes directrices pour les règles générales d’hygiène en matière de salubrité des habitations. » La seconde sera « d’établir des scores de performance pour les principaux facteurs caractérisant un habitat favorable à la santé. »