VERIFY jette un pavé dans la mare…en ce qui concerne l’usage de la metformine en monothérapie

  • Matthews DR & al.
  • Lancet
  • 17 sept. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Une étude randomisée et contrôlée, dont le design reflète la pratique clinique, montre que, sur une période de traitement de 5 ans, l’initiation d’une association metformine-Vildagliptine améliorerait le contrôle glycémique dans le temps chez des sujets diabétiques de type 2 (DT2) nouvellement diagnostiqués, par rapport au traitement standard par metformine seule. 

Pourquoi cette étude est intéressante ?

Aujourd’hui les recommandations préconisent l’instauration de la metformine seule chez tous les diabétiques de type 2 nouvellement diagnostiqués. L’utilisation d’une association d’antidiabétiques dès l’initiation de la prise en charge plutôt qu’une stratégie par étape pourrait s’avérer plus efficace. Cependant, les preuves le démontrant manquent. D’où l’intérêt de cette étude.

Méthodologie

VERIFY (Vildagliptine Efficacy in combination with metfoRmIn For earlY treatment of type 2 diabetes) est une étude internationale, randomisée, menée en double aveugle, en groupes parallèles chez des sujets ayant reçu un diagnostic de diabète de type 2 dans les 2 années précédant le recrutement. Les patients ont reçu durant 3 semaines de la metformine seule (phase initiale d’équilibrage), puis ont été traités durant 5 ans. Cette période de traitement a été sous-divisée en période 1, 2 et 3. Les individus ont été randomisés entre un groupe « association » de traitement et le groupe « metformine ».

  • Durant la période 1, les sujets recevaient soit une association de metformine (dose stable à 1,0 g, 1,5 g ou 2,0 g) et de Vildagliptine 50 mg deux fois par jour soit un traitement standard par metformine aux dosages précédemment cités et un placebo 2 fois par jour.
  • Si l’HbA1c n’était pas maintenue au-dessous de 7,0% (mesures sur 2 visites consécutives à 13 semaines d’intervalle), les patients du groupe « metformine » recevaient de la Vildagliptine 50 mg 2 fois par jour à la place du placebo et entraient ainsi dans la période 2.
  • La période 3 correspondait à l’échec de l’association metformine-vildagliptine et au passage à l’insuline basale.

Principaux résultats

Au total, 2.001 individus ont été randomisés (n=998 dans le groupe « association » et n=1.003 dans le groupe initialement traité par metformine seule). L’âge moyen était de 54,1 ans dans le groupe « association » et de 54,6 ans dans le groupe metformine, et l’IMC moyen était respectivement de 31,2 et 31,0 kg/m2.

Durant la période 1, l’échec du traitement – défini par une HbA1c >7,0% - a concerné 43,6% des patients sous association metformine-Vildagliptine et 62,1% du groupe metformine seule. L’échec du traitement survenait en moyenne après 36,1 mois dans le groupe metformine seule, alors qu’il n’a pu être jugé que supérieur à la durée de l’étude (61,9 mois) dans le groupe « association ». Ainsi, sur les 5 ans de traitement, le risque relatif du délai avant échec au traitement était réduit de près de 50% dans le groupe association versus monothérapie (hazard ratio 0,51 [0,45-0,58], p

Par ailleurs, le contrôle glycémique était globalement meilleur dans le groupe association, en atteste la plus grande proportion de sujets ayant atteint une HbA1c

Les deux approches thérapeutiques ont été bien tolérées et aucun événement indésirable non identifié par de précédentes études n’a été mis en évidence.

Financements

Étude financée par Novartis.