Véganisme : quelles précautions chez l’enfant ?

  • Lemale J & al.
  • Arch Pediatr
  • 12 oct. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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Plusieurs sociétés savantes à travers le monde ne recommandent pas l’alimentation végétalienne chez l’enfant, d’autres conseillent un accompagnement médical et diététique encadré. Le Groupe Francophone d’Hépatologie-Gastroentérologie et Nutrition Pédiatriques (GFHFNP) vient également de prendre position sur le sujet en publiant des des recommandations sur « L’alimentation végétalienne chez les enfants ».

Qu’est-ce que le végétalisme et quels en sont les risques pour la santé ?

Pour rappel, il s’agit d’une alimentation où les animaux et les produits d’origine animale (œufs, lait, miel) sont exclus. Peu de données existent encore sur l’impact santé de ce mode d’alimentation, a fortiorichez l’enfant. Une alimentation végétalienne expose l’enfant à des déficits nutritionnels notamment en vitamine B12, vitamine D, fer, calcium, acide gras éicosapentaénoïque (EPA), en acide gras docohexaénoïque (DHA) et en zinc.

Position des experts français

Le Groupe Francophone d’Hépatologie-Gastroentérologie et Nutrition Pédiatrique ne recommande pas une alimentation végétalienne chez les nourrissons, les enfants et les adolescents du fait du risque de carences nutritionnelles en l’absence d’une supplémentation. Voici les messages clés de ces recommandations :

  • Protéines : chez les femmes enceintes véganes, il faut favoriser la variété des sources protéiques (entre céréales et légumineuses) pour limiter les apports insuffisants en lysine et méthionine. Au besoin, selon les végétaux consommés, une supplémentation spécifique de l’un de ces deux acides aminés devra être envisagée. Chez les nourrissons il faudra favoriser les boissons à base de protéines de riz et de soja. Ces préparations sont par ailleurs à encourager aussi longtemps que possible, idéalement au moins jusqu’à 6 ans. Chez les enfants et les adolescents on retrouve les mêmes recommandations que chez la femme enceinte.
  • DHA : chez la femme enceinte, la consommation d’huile riche en acides gras oméga-3 (colza, noix, soja) sera à privilégier et/ou une supplémentation à base de micro-algues à raison de 100 à 200 mg/j. Chez le nourrisson, l’absence de consommation de formules infantiles enrichies en DHA justifiera de privilégier la consommation de ces huiles riches en acides gras omega-3. Chez les enfants plus âgés, et l’adolescent une supplémentation sous forme de micro-algues (100 mg/j) sera nécessaire, en plus d’une alimentation riche en oméga-3.
  • Vitamine B12 : les formules infantiles à base de riz ou de soja contiennent de la vitamine B12, en revanche, les enfants qui n’en consommeraient pas devraient recevoir comme toute personne végétalienne une supplémentation en vitamine B12 selon les apports recommandés en fonction de l’âge. 
  • Vitamine D : chez l’enfant, la supplémentation en vitamine D doit être systématique sur la base des doses recommandées pour les enfants à risque, à savoir 80.000 à 100.000 unités comme pour tout enfant mais aux doses qui correspondent aux enfants à risque.
  • Calcium : chez la femme enceinte, une supplémentation à raison de 500 à 1.000 mg de calcium par jour en fonction des autres sources d’apport doit être proposée. Une supplémentation en calcium doit être envisagée dès l’arrêt de la consommation de ces préparations infantiles à base de riz et soja, à raison de 250 à 500 mg/j chez l’enfant et de 500 à 1.000 mg/j chez l’adolescent en fonction des autres sources d’apports.
  • Fer : chez la femme enceinte, l’enfant et l’adolescent, privilégier les fruits riches en vitamine C ou une supplémentation au besoin à raison de 2-3 mg/kg après confirmation des déficits par dosage sanguin. Chez le nourrisson, les formules à base de protéine de riz ou de soja permettront encore une fois les apports nécessaires.
  • Zinc : une alimentation végétale riche en zinc (famille des brassicacées : brocoli, choux de Bruxelles, chou-fleur,…) est à favoriser chez la femme enceinte, l’enfant et l’adolescent. Au besoin, une supplémentation à raison de 1mg/kg/j de gluconate de zinc pourra être envisagée chez ces trois publics. Chez le nourrisson les formules à base de protéine de riz et soja fourniront les apports nécessaires.
  • Iode : chez la femme enceinte, la consommation quotidienne de sel iodé à raison de 6,5 g/j dispensera de toute supplémentation spécifique. Chez les nourrissons la consommation de formules infantiles à base de protéine de riz ou de soja satisfera les besoins, chez l’enfant l’apport en sel iodé doit être de 2-5 g/j et chez l’adolescent de 5g/j.