Varicelle, zona : comprendre les recommandations vaccinales


  • Marie Torre
  • Actualités Médicales
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Le virus varicelle-zona (VZV), de la famille des herpès-virus, est à l’origine de la varicelle en primo-infection et du zona en cas de réactivation du virus qui persiste dans les ganglions nerveux sensitifs de la moelle épinière. (1) Chaque année en France, 700.000 cas de varicelle et 20 décès surviennent, malgré cela la vaccination systématique contre la varicelle n’est pas recommandée. Au cours de la vie, un zona peut se déclarer chez 20% de la population générale et 80 % des personnes âgées de plus de 80 ans. (2) La vaccination contre le zona est recommandée chez les adultes âgés de 65 à 74 ans, quels que soient leurs antécédents vis-à-vis du VZV.

 

Vaccination contre la varicelle : pas pour tout le monde

En France, la vaccination généralisée contre la varicelle n’est pas recommandée et cela essentiellement pour deux raisons :

  • Le risque d'avoir la varicelle au cours de la vie est très élevé (environ 95 %) et plus de 90 % de la population sont immunisés à l'âge de 10 ans. (3)
  • Un taux de couverture vaccinale d’au moins 90% serait nécessaire pour éviter de déplacer l’âge de la varicelle de l’enfance à l’âge adulte, propice aux formes les plus sévères, comme cela a été le cas pour la rougeole. Or la probabilité d’atteindre ce niveau de couverture élevé est mince, la maladie étant réputée comme bénigne dans l’esprit des médecins et de la population. (1)

En effet, la varicelle est le plus souvent bénigne. Mais elle peut se compliquer (surinfections cutanées, complications neurologiques ou pulmonaires), notamment chez les sujets immunodéprimés, les adultes, les femmes enceintes (risque de varicelle congénitale) et les nouveau-nés. Après avoir réalisé un contrôle sérologique, la vaccination contre la varicelle est ainsi recommandée chez les personnes sans antécédent de varicelle (ou dont l’histoire est douteuse) suivantes :

  • Adolescents de 12 à 18 ans,
  • Femmes en âge de procréer (un test de grossesse négatif avant vaccination et une contraception efficace pendant les 3 mois suivant chaque dose sont nécessaires),
  • Professionnels de santé et professionnels en contact avec la petite enfance,
  • Personnes en contact étroit avec des personnes immunodéprimées,
  • Enfants candidats receveurs à une greffe d’organe solide,
  • Personnes de plus de 12 ans ayant été exposées au virus. La vaccination doit être réalisée dans les 3 jours suivant l’exposition (contrôle sérologique non nécessaire si retarde la vaccination). (1,4)

En cas de varicelle, il faut absolument éviter l’aspirine et les AINS en raison d’un risque de complications graves (syndrome de Reye, surinfection...). (1,4) Une prophylaxie par immunoglobulines spécifiques anti-VZV est à envisager (délivrance hospitalière, ATU nominative) pour les enfants et adultes immunodéprimés, les femmes enceintes non immunisées, certains prématurés et les nouveau-nés dont la mère a développé une varicelle dans les 5 jours précédant ou les 2 jours suivant la naissance. (1)

 

Vaccination contre le zona : pour tous à partir de 65 ans

La baisse des défenses immunitaires à l'origine de la réactivation du VZV peut être liée au vieillissement (immunosénescence) ou à un surmenage, un stress ou une maladie entraînant un déficit immunitaire (cancer, traitement immunosuppresseur, maladie infectieuse). (5) Des complications au zona peuvent survenir, comme la persistance de douleurs neuropathiques résiduelles post-zostériennes. Le zona peut être particulièrement délétère lorsqu’il survient chez une personne fragile, âgée et polymédiquée, avec un risque de décompensations « en cascade ». (2)

La vaccination contre le zona est recommandée chez les adultes âgés de 65 à 74 ans inclus, afin de diminuer le risque de survenue et le risque de douleurs de névralgies post-zostériennes. Le fait d’avoir eu un zona ne protège pas d’une récidive, ce qui justifie de vacciner également les personnes ayant déjà présenté un zona. En cas d’antécédent de zona ophtalmique, un avis spécialisé est souhaitable avant vaccination afin de vérifier l’absence d’inflammation persistante au niveau de l’œil, qui pourrait être majorée par la vaccination.