Valeur pronostique de l’indice du foie gras sur le risque de diabète

  • Busquets-Cortés C & al.
  • BMJ Open

  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

Messages principaux

  • La valeur de l’indice du foie gras (IFG) constitue un facteur prédictif indépendant d’évolution vers un diabète de type 2 selon une étude conduite auprès de 16.648 adultes en situation de pré-diabète suivis sur une période de 5 ans. Aussi, cet indice pourrait être utilisé en clinique pour identifier les patients auprès desquels mettre en place des mesures préventives.

 

Les liens entre l’existence d’une stéatose hépatique non alcoolique et le métabolisme glucidique sont relativement bien décrits, mais établir le diagnostic de l’atteinte hépatique nécessite une biopsie ou une ultrasonographie, dont la sensibilité est basse lorsque la sévérité est encore faible. Des chercheurs ont souhaité évaluer si l’utilisation de l’IFG, un indice prédictif de l’existence d’une stéatose hépatique non alcoolique, pourrait être pertinente pour établir le risque d’évolution vers un diabète chez les sujets à risque. L’intérêt de l’IFG est d’être fondé sur des paramètres biologiques ou anthromopétriques simples à mesurer : l’indice de masse corporelle (IMC), le tour de taille, la valeur des taux sériques de triglycérides (TG) et de gamma-glutamyl transférase (GGT).

Méthodologie

L’étude a été conduite auprès de 16.648 salariés espagnols âgés de 20 à 65 ans et ayant un pré-diabète (glycémie à jeun 100 à 125 mg/dL). Après calcul de l’IGG, coté de 0 à 100, à partir des données d’inclusion, les participants étaient classifiés selon la sévérité de l’atteinte hépatique : légère pour un IFG<30, modérée pour un IFG de 30 à 60 ou sévère pour une valeur supérieure. Le suivi a été conduit sur 5 ans.

Résultats

Parmi les 16.648 participants (72,6% d’hommes, âge moyen 44,81 ans), la prévalence de l'obésité était de 26,9%. Par ailleurs, 40,7% des hommes et 21,7 % des femmes avaient une atteinte sévère (IFG>60) contre 29,8% et 61,7% respectivement ayant une atteinte légère (IFG<30).

La valeur de l’IFG à l’inclusion était corrélée à la valeur de glycémie à jeun à 5 ans (coefficient de Pearson 0,528, p<0,001). Au total, 3.706 participants (soit 22,2%, sans différence entre les sexes) ont évolué vers un diabète de type 2 à 5 ans, soit un taux annuel de 4,5%.

Le taux annuel d’évolution vers un diabète de type 2 était de 0,04% et 0,1% pour les hommes et les femmes respectivement dans le groupe à faible risque, 0,86% et 4,9% pour ceux dans le groupe intermédiaire. Dans le groupe le plus sévère, l'incidence du était de 51,2% et 84,0% chez les hommes et les femmes respectivement, soit des taux annuels de 11,34% et 16,8%.

Aussi, un score IFG élevé est indépendamment associé à la progression vers le diabète de type 2 à 5 ans (HR ajusté 6,879 pour les hommes et 5,806 pour les femmes), tout comme l'IMC (HR 1,041 et 1,104). L’activité physique (au moins 150 min/semaine d'AP) était un facteur protecteur.