Vaccins anti-COVID-19 : que répondre aux questions de vos patients ?


  • Fanny Le Brun
  • Actualités Médicales
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Alors que 10 candidats vaccins contre le SARS-CoV-2 sont en phase III, on peut déjà anticiper une hésitation vaccinale, notamment à cause de la nouveauté de ces vaccins, de leur développement rapide, de la politisation de la pandémie et des messages contradictoires des scientifiques et des membres du gouvernement. Il est donc important que les professionnels de santé soient bien informés pour aider les patients à prendre une décision éclairée sur la nécessité de se faire vacciner. Un article, qui vient de paraître dans la revue JAMA, répond aux principales questions concernant les vaccins contre le COVID-19.

Quelle sera l’efficacité des vaccins sur la réduction du risque de COVID-19 et de ses complications ?

Aux Etats-Unis, la FDA (Food and Drug Administration) autorisera un vaccin contre le COVID-19 s’il permet de prévenir la maladie ou de diminuer sa sévérité chez au moins 50% des sujets vaccinés.

Les candidats vaccins sont-ils sûrs ?

Il sera important de savoir comment la tolérance a été évaluée, si le nombre de patients dans les études et la durée de suivi étaient suffisants pour détecter la plupart des effets indésirables (au moins 15.000 patients suivis pendant plus de 2 mois).

Il est vraisemblable que la vaccination sera associée à des évènements indésirables légers se résolvant rapidement, comme des douleurs au site d’injection, fièvre, fatigue et myalgies.

Des réactions plus sévères, comme des évènements indésirables neurologiques ou inflammatoires inexpliqués, susciteraient plus de préoccupations. Cependant, des évènements indésirables sévères peuvent apparaître par coïncidence après une vaccination et être signalés comme un problème de tolérance, alors qu’ils ne sont pas liés au vaccin. La comparaison du taux d’évènements indésirables chez les sujets ayant reçu le vaccin et chez ceux ayant reçu le placebo peut aider à distinguer si ces effets sont dus au vaccin.

Pour les évènements rares, les taux pourraient être trop bas pour pouvoir conclure. Les évènements indésirables rares ne pourront certainement être détectés qu’une fois le vaccin utilisé à large échelle.

Les vaccins seront-ils efficaces pour tous les patients ?

Le COVID-19 est plus fréquent et plus sévère chez les sujets souvent sous-représentés dans les études cliniques : personnes âgées, sujets atteints de maladies chroniques et personnes appartenant à des minorités ethniques. Les différents groupes peuvent ne pas avoir la même réponse à un vaccin.

Lorsque les résultats des études cliniques seront disponibles, il sera important d’évaluer les caractéristiques des patients inclus afin de déterminer si elles sont similaires à celles des patients concernés en pratique clinique. Un vaccin donné pourrait être plus approprié pour certains patients que pour d’autres : connaître cette différence sera important.

Les études chez les enfants et les femmes enceintes débutant une fois la tolérance démontrée chez les autres patients, ils ne feront peut-être pas partie des premières indications délivrées.

Toutes les informations importantes seront-elles rendues publiques ?

Il est important de savoir si toutes les informations pouvant confirmer ou contredire les résultats d’une étude clinique sont rendues publiques. Si certaines informations sont manquantes, la raison doit en être apportée. De plus, il est important qu’une étude soit revue par des experts sans conflit d’intérêt, comme cela est fait dans les principales revues médicales.

Les vaccins contre le COVID-19 seront-ils tous les mêmes ?

De nombreux vaccins sont en cours de développement : ils n’utilisent pas les mêmes techniques et seront utilisés différemment. Les cliniciens devront être avertis des différences entre les vaccins approuvés, notamment concernant les doses et le schéma d’administration, ainsi que l’efficacité et la tolérance. Certains vaccins seront peut-être à privilégier pour certaines populations. Les cliniciens devront comprendre les différences entre les vaccins, afin de recommander pour chaque patient celui qui lui conviendra le mieux.

Les personnes vaccinées pourront-elles se passer des gestes barrières ?

Il faudra attendre qu’une proportion importante de la population soit immunisée et protégée avant que la transmission du SARS-CoV-2 soit considérablement réduite. En cas de schéma vaccinal en 2 doses, cela prendra des mois. Aucun vaccin n’est efficace à 100% et un vaccin qui protège contre le développement clinique de la maladie peut ne pas empêcher que la personne vaccinée transmette le virus aux autres. De plus, la durée de l’immunité naturelle acquise après infection par le SARS-CoV-2 n’est pas connue et pourrait diminuer avec le temps. Par conséquent, la durée de protection acquise avec les nouveaux vaccins contre le COVID-19 n’est pas connue.

Pour toutes ces raisons, même une fois que les vaccins seront disponibles, le SARS-CoV-2 demeurera un sujet de préoccupation. Le respect des mesures barrières sera nécessaire pendant encore au moins plusieurs mois, et peut-être plus…