Vaccinations chez les receveurs de cellules souches hématopoïétiques : les recommandations de l’ECIL

  • Cordonnier C & al.
  • Lancet Infect Dis
  • 7 févr. 2019

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir

Les receveurs d’une greffe de cellules souches hématopoïétiques sont capables de produire une réaction immunitaire suite à la vaccination contre un pathogène, et ceci dès 3 mois suivant la transplantation et avec un bon niveau de sécurité. Le groupe de l’European Conference on Infections in Leukaemia (ECIL) recommande donc la vaccination, y compris chez les sujets ayant une maladie du greffon contre l’hôte ou ceux sous immunosuppresseur, qui sont les plus à risque d’infection. Les modalités de vaccination recommandées pour les agents bactériens les plus fréquemment responsables d’infection dans cette population sont passées en revue dans cette première partie.

 

Le déficit immunitaire qui fait suite à une greffe de cellules souches hématopoïétiques (GCSH) augmente fortement le risque infectieux. Les patients greffés perdent leur immunité spécifique contre les différents pathogènes dans le mois qui suit la transplantation quelle que soit l’immunocompétence du donneur ou leur statut vaccinal préalable, les exposant à des infections pouvant être sévères et susceptibles de menacer leur pronostic vital. Même si le système immunitaire affaibli de ces sujets répond généralement moins  bien aux vaccins que celui des sujets sains, une réponse peut être obtenue précocement, dès 3 mois suivant la greffe, et elle s’améliore dans les 2 à 3 ans suivant la transplantation. Sur le plan de la sécurité, les effets indésirables et les effets indésirables graves des vaccins inactivés ne diffèrent pas de ceux observés dans la population générale et ne constituent donc pas un frein à la vaccination.

Les infections invasives à pneumocoques

Le risque de ces infections est fortement augmenté chez les patients ayant reçu une GCSH, et encore davantage lorsqu’il y a une réaction chronique du greffon contre l’hôte ou en cas d’irradiation totale. Face à ce risque et devant la rareté des effets indésirables graves rapportés, le groupe de l’ECIL recommande  de démarrer la vaccination 3 mois après la greffe avec 3 doses de vaccin conjugué dirigé contre Streptococcus pneumoniae(PCV) à 1 mois d’intervalle. Le taux de réponse est de 64% à 98% après une allogreffe de CSH. Une dose de vaccin pneumococcique 23-valent polysaccharidique est préconisée 6 mois plus tard pour élargir la protection. En cas de réaction chronique du greffon contre l’hôte, une 4dose de PCV doit être administrée à 6 mois.

Haemophilus influenzae  de type b (Hib)

Des pneumonies, sinusites ou des bactériémies liées à Hib peuvent survenir précocement chez les patients greffés. Et ces patients étant capables de répondre rapidement à la vaccination (80% à 95% de réponse), le groupe ECIL recommande de la démarrer 3 mois après la transplantation : 3 doses à 1 mois d’intervalle ou bien 3 doses du vaccin combiné diphtérie-tétanos-coqueluche-Hib 6 mois après la GSCH.

Les infections méningococciques invasives à Neisseria meningitides

Il existe peu de données concernant la vaccination méningoccique chez les receveurs, aussi le groupe renvoie vers les recommandations nationales. Mais étant données la forte prévalence du sérotype B et la faible protection observée chez les patients contre le sérotype C, il préconise une vaccination contre ces deux sérotypes 6 mois après la transplantation.

Diphtérie et tétanos

Le groupe recommande une vaccination contre la diphtérie et le tétanos 6 mois après la transplantation, par 3 doses administrées à 1 ou 2 mois d’intervalle, qui permet d’obtenir une réponse immunitaire dans 85% à 100% des cas.

Coqueluche

Bien que le taux de réponse obtenu soit faible après 2 ou 3 doses du vaccin (100% chez les enfants, mais seulement 54% chez l’adulte), le groupe ECIL recommande cette vaccination pour maintenir l’immunité collective.