Vaccination : que pouvons-nous apprendre de nos voisins européens ?

  • 20 mai 2019

  • Marie Torre
  • Actualités Médicales
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En Europe, chaque pays décide de sa politique vaccinale. Un petit tour d’horizon européen pourrait nous permettre de faire évoluer nos pratiques et nos croyances en matière de vaccination dans la patrie de Louis Pasteur.

 

E largissement  de l’obligation vaccinale : nous ne sommes pas les seuls

Avant la France, neuf pays européens avaient déjà rendu obligatoire la vaccination contre au moins neufs maladies infantiles (tableau 1). (1) En Italie par exemple, devant l’effondrement dramatique de la couverture vaccinale et la résurgence de maladies à prévention vaccinale telles que la rougeole, la loi impose depuis 2017 que tout enfant de moins de 6 ans doit avoir reçu 10 vaccins obligatoires pour être admis en collectivité. (2-4)

Tableau 1. Vaccinations obligatoires en Europe chez l’enfant jusqu’à l’âge de 6 ans (1)

Respect du calendrier vaccinal : une question de confiance

Dix-huit pays d’Europe n’imposent aucune obligation vaccinale. Dans des pays où la population a confiance dans son système de soins et dans la vaccination, cela fonctionne. En Suède, 98 % des enfants reçoivent au moins trois doses de vaccin DTCaP-Hib* et 97,5 % la vaccination ROR*. (5)

Dans chaque pays, quelle que soit sa culture, les autorités de santé attendent des citoyens qu’ils suivent les recommandations vaccinales. Lorsque ce n’est plus le cas, la loi s’adapte : en Allemagne, la voie de l’obligation n’est pas envisagée, mais depuis 2017 la loi exige que les crèches et maternelles signalent les parents qui refusent de faire vacciner leurs enfants. Les familles risquent alors jusqu’à 2 500 € d’amende. (2)

 

Vaccination en pratique : plus c’est simple, plus c’est efficace

Les pratiques de nos confrères européens pourraient également nous inspirer pour améliorer le parcours vaccinal en France.

Quels vaccins administrer et quand ? Au Portugal, il suffit à un professionnel de santé d’ouvrir le tableau de vaccination électronique du patient pour savoir quelle vaccination a été faite (ou refusée, contre-indiquée…) et à quelle date. (6) Côté patient, son tableau de vaccination lui permet de savoir précisément quelles vaccinations restent à venir.

Où se faire vacciner ? Au Royaume-Uni, les vaccinations à faire à l’âge scolaire sont administrées à l’école. (6) Pour la vaccination anti-papillomavirus, l’école a ainsi joué un rôle déterminant et permet à la Grande-Bretagne d’afficher une couverture vaccinale des plus prometteuses : 85,9 % à l’âge de 12/13 ans. (2, 7) A contrario, la France se classe à la dernière place en Europe, avec 19,1 % des adolescentes de 15/16 ans vaccinées. (2,7)

Autre aspect pratique, au Royaume-Uni il suffit de prendre rendez-vous chez un médecin pour se faire vacciner. (6) Comparativement, la procédure relève plus du parcours du combattant en France : première consultation pour obtenir une prescription, retrait ou commande en officine, conservation dans le réfrigérateur familial, transport en sachet isotherme puis deuxième consultation pour l’injection…

Pouvons-nous faire mieux ?