Vaccination : Les questions les plus fréquentes en consultation. Comment y répondre? (2 sur 2)

  • 18 mars 2020

  • Actualités Médicales
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

Question 1 : Le système immunitaire va-t-il supporter autant de vaccins ? voir réponse >

Question 2 : Faut-il se faire vacciner si tout le monde est déjà vacciné ? voir réponse >

Question 3 : Faut-il avoir peur de vacciner les nourrissons contre l’hépatite B ? voir réponse >

Question 4 : Comment agit un vaccin ? voir réponse >

Question 5 : Faut-il vacciner un enfant allaité par sa mère ? voir réponse >

Question 6 : Pourquoi y a-t-il des ruptures de stock de vaccins ? voir réponse >

 

Question 1 : Le système immunitaire va-t-il supporter autant de vaccins ?

Réponse:

L’organisme est capable de répondre à environ 1 million d’antigènes différents en même temps (virus, parasites, poussières…). (1) Et ce dès les premières heures après la naissance : le nouveau-né est capable de se protéger contre les milliards d’antigènes qu’il rencontre dans son environnement. (2) Toutes ces stimulations de l’immunité sont nécessaires à la maturation des mécanismes de défense de l’organisme contre les infections. (3)

A côté de toutes ces sollicitations, l’antigène contenu dans un vaccin est comme une « goutte d’eau dans l’océan » : l’ensemble des vaccinations stimule à peine 1% du système immunitaire. (2,3)

Les vaccins combinés protègent contre plusieurs maladies en une seule piqûre. Ils protègent tout aussi efficacement que s’ils étaient administrés en plusieurs injections, sans augmenter le risque d’intolérance ou d’effets indésirables. (2)

revenir à la liste de questions

 

 

Question 2 : Faut-il se faire vacciner si tout le monde est déjà vacciné ?

Réponse:

Lorsqu’une personne vaccinée rencontre la bactérie ou le virus responsable de l’infection contre laquelle elle est vaccinée, elle va développer une réponse immunitaire spécifique qui élimine l’agent infectieux. Ceci permet à la personne de :

- Se protéger contre la maladie, en particulier des risques de complications graves et

- D’interrompre la chaine de transmission de l’agent pathogène, si la transmission se fait d’homme à homme. (4)

 

Le sujet vacciné ne transmet pas ou peu le virus ou la bactérie à son entourage. Plus il y a de personnes vaccinées, moins l’agent pathogène circule et moins il y aura de nouvelles contaminations. Cette immunité de groupe permet indirectement de protéger les personnes les plus fragiles qui ne peuvent être vaccinées ou qui répondent moins bien aux vaccins : les jeunes nourrissons, les femmes enceintes, les personnes immunodéprimées, les personnes âgées... (3,4) Elles ont moins de risque de rencontrer l’agent infectieux. (4)

 

Mais pour cela, il faut que suffisamment de personnes soient vaccinées.

Pour la rougeole, une couverture vaccinale d’au moins 95% avec deux doses de vaccin serait nécessaire pour interrompre la circulation du virus, éviter l’infection des personnes fragiles qui ne peuvent être vaccinées et finalement éliminer la maladie.

Pourtant aujourd’hui, nous assistons à de nouvelles épidémies de rougeole de grande ampleur, qui sont la conséquence :

- D’un niveau de couverture vaccinale de 90 % pour la première dose de vaccin ROR, inférieur au seuil d'immunité de groupe et

- D’un rattrapage insuffisant des grands enfants, adolescents et jeunes adultes n'ayant pas été vaccinés dans l'enfance. (4,5)

Aussi, compter uniquement sur la vaccination des autres peut être dangereux pour soi-même, mais aussi pour les personnes plus fragiles. (3)

 

Parmi les vaccins du calendrier vaccinal, les vaccinations contre le tétanos et le zona ne permettent pas une immunité de groupe. Le tétanos ne se transmet pas de personne à personne et la vaccination ne protège que la personne l’ayant reçue. (1) Le vaccin contre le zona protège contre la réactivation endogène du virus varicelle-zona. (6)

revenir à la liste de questions

 

 

Question 3 : Faut-il avoir peur de vacciner les nourrissons contre l’hépatite B ?

Réponse:

Vacciner les nourrissons contre le virus de l’hépatite B (VHB) permet de les protéger dans l’enfance et lorsqu’ils seront grands. (7) La stratégie est double :

  • Plus la maladie est contractée jeune, plus le risque de passage à la chronicité et le risque de développer une cirrhose ou un cancer sont importants. L’infection devient chronique chez 90% des nouveau-nés infectés, 30% des enfants de moins de 5 ans et 5% des adolescents et adultes. (7,8)
  • La vaccination contre le VHB protège très efficacement et offre une protection à long terme : la vaccination d’un sujet dans l’enfance le protège à l’adolescence et à l’âge adulte, périodes plus à risque d’exposition au virus (rapports sexuels, voyages, consommation de drogues injectables…). (7,9)

La vaccination des nourrissons contre le VHB s’inscrit dans le cadre du plan d’élimination de l’OMS. (10)

 

La vaccination contre l’hépatite B est sûre chez le nourrisson. (7)

Durant les années 1990, en France, les vaccins contre l’hépatite B ont été accusés à tort de provoquer des scléroses en plaques (SEP). (11)

Près de 1,5 milliard de vaccins anti-VHB ont été administrés dans le monde. Les données recueillies depuis plus de 15 ans permettent d’écarter avec une grande sûreté un lien entre vaccination contre l’hépatite B et la survenue d’une sclérose en plaques.

Ce vaccin n’est pas associé à un sur-risque de développer une SEP. Il n’est pas contre-indiqué en cas de SEP préexistante ou d’antécédent familial de SEP.

revenir à la liste de questions

 

 

Question 4 : Comment agit un vaccin ?

Réponse:

En injectant le vaccin, une sous-unité du micro-organisme (bactérie ou virus) ou le micro-organisme entier rendu inoffensif est introduit dans le corps. L’organisme se défend, fabrique des anticorps spécifiques et garde pendant plusieurs années des cellules capables de reconnaitre ce micro-organisme s’il se présente. (1,12)

 

Par la suite, si la personne est infectée par le micro-organisme capable de provoquer la maladie, ces cellules mémoires vont rapidement le reconnaitre et activer toutes les défenses immunitaires pour le détruire. La maladie est évitée ou au minimum sa gravité réduite.

 

Si on se représente le système de défense du corps (système immunitaire) comme une armée dirigée contre les microbes, la vaccination est un entrainement contre des cibles en carton. Le jour où la personne est infectée par le microbe ennemi, le corps sait se défendre rapidement et le détruire.

 

Avec les médicaments classiques, la substance chimique (ou principe actif) fait effet dans le corps. (13) Avec la vaccination, le corps a appris à se défendre avec ses propres ressources naturelles. (3)

 

Un vaccin ne protège que contre une seule maladie : le vaccin contre la rougeole protège contre la rougeole, pas contre le tétanos. (1)

revenir à la liste de questions

 

 

Question 5 : Faut-il vacciner un enfant allaité par sa mère ?

Réponse:

Le lait maternel ne contient pas ou très peu d’anticorps de type IgG et IgM, qui confèrent une protection efficace, spécifique et ciblée contre les maladies graves (coqueluche, rougeole…). L’allaitement ne peut donc en aucun cas remplacer la vaccination, mais reste complémentaire pour protéger l’enfant. (14)

 

Le lait maternel offre au nourrisson :

  • L’alimentation la plus adaptée ;
  • Une protection assez peu spécifique (propriétés antimicrobiennes, antivirales et immuno-modulatrices).

Il transmet à l’enfant des anticorps de type IgA, qui constituent une première ligne de défense au niveau des muqueuses respiratoires et digestives : l’allaitement maternel exclusif permet ainsi de réduire de 53 % les hospitalisations pour diarrhée et de 27 % les hospitalisations pour infection pulmonaire (réduction de 31 % et 25% en cas d’allaitement partiel). (3) Mais cela reste insuffisant face aux maladies graves. (14)

 

Les tout-petits sont particulièrement touchés par les formes sévères de ces maladies : méningites, encéphalites, pneumonies et infections invasives (à méningocoque, Haemophilus influenzae, pneumocoque) surviennent plus fréquemment avant l’âge d’un an, et notamment entre 2 et 6 mois.

 

Au cours des 2 derniers mois de grossesse, le nouveau-né peut recevoir des IgG de sa mère par voie trans-placentaire. Que l’enfant soit allaité ou non, ces anticorps vont assez rapidement être éliminés après la naissance, ce qui explique pourquoi les nourrissons sont particulièrement fragiles entre 3 et 6 mois.

Mais pour transmettre ces anticorps, il faut qu’ils soient présents chez la mère : la vaccination contre la grippe est ainsi recommandée pendant la grossesse... Aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, et dans plus de 50 pays dans le monde, la vaccination contre la coqueluche est également recommandée en cours de grossesse, ce qui n’est pas encore le cas en France. A noter, la vaccination de la mère qui allaite n’est pas un motif pour modifier la vaccination de l’enfant. (15)

revenir à la liste de questions

 

 

Question 6 : Pourquoi y a-t-il des ruptures de stock de vaccins ?

Réponse:

Certains vaccins peuvent être en rupture de stock en raison de difficultés liées à la production ou au contrôle qualité. (16)

Fabriquer un vaccin est un processus long : de 6 mois pour le vaccin contre la grippe à 36 mois pour un vaccin contenant plusieurs valences. (17,18)

Fabriquer un vaccin est un processus hautement surveillé : plus de 100 contrôles qualité sont nécessaires à la production d’un lot de vaccins et 70 % du temps de production d'un vaccin sont consacrés aux procédures de contrôle.

 

Les ruptures de stock peuvent également parfois être liées à des difficultés en amont (approvisionnement en matières premières) ou en aval (chaine de distribution) de la fabrication. Par ailleurs, la demande de vaccins explose dans les pays émergents. La production de vaccins est sous haute tension : les laboratoires ne parviennent pas toujours à produire les quantités suffisantes pour une population mondiale toujours grandissante.

 

Depuis 2016, tous les vaccins recommandés dans le calendrier vaccinal français sont considérés comme des médicaments « d’intérêt thérapeutique majeur » (MITM) : les laboratoires pharmaceutiques sont tenus d’assurer une meilleure sécurisation de leur approvisionnement. (16)

 

En cas de rupture de stock ou de tension d’approvisionnement, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) peut mettre en place plusieurs mesures correctives, notamment :

- Des limitations qualitatives (restriction d’utilisation) et quantitatives (répartition entre grossistes, constitution de stock de sécurité) ;

- Une mise à disposition en ville de spécialités réservées aux établissements de santé ;

- L’importation de vaccins disponibles à l’étranger...

revenir à la liste de questions

Retrouvez la première partie de notre Foire Aux Questions Vaccination  >