Vaccination et pathologies rhumatismales inflammatoires (2/2) : les 9 recommandations de l'EULAR

  • Furer V & al.
  • Ann Rheum Dis
  • 14 août 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

L’EULAR ( European League Against Rheumatism ) a publié une actualisation de son texte de recommandations concernant le recours à la vaccination pour les patients adultes présentant une pathologie rhumatismale inflammatoire chronique d’origine auto-immune. Après avoir émis 6 principes généraux sur la mise en œuvre de cette vaccination (lien vers premier article sem39), le texte évoque 9 recommandations parmi lesquelles certaines remplacent ou complètent les 9 préconisations émises dans la version précédente datant de 2011. 

Les neufs recommandations

  1. La vaccination antigrippale doit être sérieusement envisagée chez la majorité des patients : cette recommandation, déjà présente dans le texte de 2011, a remplacé la totalité par la majorité des patients. Ceci fait écho au fait qu’il n’existe pas de preuve épidémiologique formelle justifiant la nécessité de vacciner systématiquement les personnes souffrant d’une pathologie rhumatologique inflammatoire auto-immune.

  2. La vaccination antipneumococcique doit être sérieusement envisagée chez la majorité des patients : dans la lignée de la recommandation précédente, cette préconisation introduit désormais la notion de majorité des patients, mais ne privilégie pas l’un ou l’autre des vaccins disponibles.

  3. Les patients doivent recevoir le vaccin antitétanique conformément aux recommandations destinées à la population générale - L'immunisation passive doit être envisagée chez les patients sous traitement favorisant la déplétion en lymphocytes B : la seconde partie de la recommandation a été reformulée, permettant de souligner que s’il n’existe pas de données suggérant une diminution de l’efficacité vaccinale chez les sujets présentant une déplétion lymphocytaire B, une telle extrapolation peut cependant être faite à partir des données relatives à d’autres vaccins dans ce contexte. Aussi, l’immunisation passive par administration d’immunoglobulines est préférable dans cette situation chez les personnes à risque d’avoir été exposées à la bactérie.

  4. Les vaccins contre l'hépatite A et l'hépatite B doivent être administrés aux sujets à risque - Dans certaines situations, un rappel de vaccination ou une immunisation passive est indiquée : cette dernière partie, qui est nouvelle, décrit la marche à suivre pour les personnes exposées au VHB qui seraient respectivement non vaccinées ou qui présenteraient une réponse insuffisante au vaccin anti-VHB, ainsi que pour celles qui devraient voyager en dernière minute dans des régions endémiques vis-à-vis du VHA sans avoir été préalablement vaccinées.

  5. La vaccination contre le zona peut être envisagée chez les patients à haut risque : cette recommandation reste inchangée.

  6. La vaccination contre la fièvre jaune doit généralement être évitée : cette recommandation remplace celle qui traitait précédemment de la vaccination du voyageur et qui était trop générale. Les experts de l’EULAR ont conservé ici la notion importante de ne pas vacciner les patients contre la fièvre jaune, étant donné qu’il s’agit d’un vaccin vivant atténué, à moins qu’une modification du traitement immunosuppresseur puisse être transitoirement envisagée pour permettre la vaccination.

  7. Les patients, particulièrement ceux présentant un lupus érythémateux disséminé, doivent être vaccinés contre le HPV, conformément aux recommandations destinées à la population générale : cette recommandation précise plus clairement la population pouvant tirer le plus profit de cette vaccination, qui est décrite comme plus à risque d’infection par le HPV.

  8. Les membres immunocompétents de la famille des patients devraient être encouragés à être vaccinés conformément aux directives nationales, à l'exception du vaccin antipoliomyélitique oral : cette recommandation est nouvelle.

  9. Les vaccins vivants atténués doivent être évités pendant les six premiers mois de la vie chez les nouveau-nés de mères recevant des traitements biologiques au cours de la seconde moitié de la grossesse : cette recommandation vise à éviter les risques liés à la vaccination durant les dernières semaines du développement foetal (au-delà de la 22e semaine).