Vaccination des patients sous chimiothérapie : encore un effort !

  • Glavier M & al.
  • Med Mal Infect
  • 21 sept. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Si plus d’un médecin généraliste interrogé sur 10 se dit favorable à la vaccination, ils ne sont que 37,3% à vacciner systématiquement leurs patients traités par chimiothérapie. L’enquête de pratique, qui a été menée par des chercheurs de Poitiers dans l’ouest de la France, permet de montrer que la raison principale évoquée par les praticiens interrogés est le manque d’information spécifique ou d’éducation sur le sujet. Ils étaient près de 73% à estimer que les spécialistes pourraient joindre un calendrier vaccinal au courrier de liaison qu’ils leur envoient afin d’améliorer le taux de vaccination ; associés à une meilleure information des patients concernés, ces mesures pourraient, avec d’autres, améliorer la fréquence de la vaccination des patients traités par chimiothérapie, qui relève elle-même de recommandations spécifiques*.

Cohorte représentative des praticiens locaux

L’enquête a été proposée à 1.683 généralistes installés dans la Vienne, les Deux-Sèvres, la Charente ou la Charente-Maritime. Parmi eux, 1.610 ont accepté de recevoir l’enquête (10 questions) et 298 l’ont retourné, dont 287 étaient exploitables.

Ainsi, les médecins participants étaient des femmes pour 36,2% d’entre eux et pratiquaient en milieu rural ou semi-rural dans 36,9 et 37,3% des cas. Ils avaient en moyenne une file active de 1.203 patients, dont 13 en moyenne étaient traités par chimiothérapie.

Pratiques de vaccination

Au total, 92,8% des praticiens se disaient favorables ou très favorables à la vaccination, mais seulement 37,3% disaient vacciner systématiquement leurs patients traités par chimiothérapie. Si dans la majorité des cas, les autres médecins disaient les vacciner au cas par cas, 4,5% d’entre eux disaient ne jamais les vacciner. Dans près d’un cas sur 5, le médecin généraliste pensait que le patient recevait une prescription pour vaccination de la part de leur hématologue ou oncologue.

Limites et leviers

Pour 45,6% et 35,0% des médecins interrogés ne vaccinant pas systématiquement leurs patients, la principale raison invoquée était respectiveme nt le manque de formation et le manque d’information facilement disponible. Ils étaient également 39,4% à éprouver des difficultés à convaincre leurs patients. Par contre 6,7% des praticiens estimaient que la vaccination n’était pas efficace durant la période de chimiothérapie.

Aussi, 73,9% des participants disaient vouloir améliorer leur niveau d’information soit par la formation médicale continue (52,4%), soit par la mise à disposition de recommandations spécifiques en ligne (39,6%) ou d’articles de journaux médicaux (24,5%).

La plupart d’entre eux ont souligné l’intérêt que présenterait l’envoi d’un calendrier vaccinal adressé par le cancérologue joint au courrier adressé au médecin traitant. Bien évidemment, l’amélioration de l’information des patients était aussi une mesure évoquée fréquemment (50,5%) pour améliorer l’acceptation de la vaccination.