Vaccination antigrippale par les infirmiers, sages-femmes et pharmaciens


  • Fanny Le Brun
  • Actualités Médicales
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A retenir :

  • Afin de faciliter la vaccination, il est envisagé d’autoriser davantage de professionnels de santé à vacciner de façon autonome (infirmiers, pharmaciens, sages-femmes)
  • La HAS a étudié cette proposition et vient de publier un rapport concernant la vaccination antigrippale
  • Dans ce rapport, la HAS considère qu'une harmonisation des compétences entre professionnels de santé en matière vaccinale apparaît justifiée en France

 

La complexité du parcours pour se faire vacciner constitue l'un des freins à la vaccination. Pour le simplifier, il est envisagé d’autoriser davantage de professionnels de santé à vacciner de façon autonome (infirmiers, pharmaciens, sages-femmes). Cette solution a été étudiée par la HAS afin d’établir l’intérêt et les conditions d’une extension des compétences en matière de vaccination ainsi que les formations et/ou les pré-requis nécessaires.

Un premier rapport de la HAS a été publié en juillet 2018 et concerne uniquement la vaccination contre la grippe saisonnière. Un autre rapport concernant les autres vaccinations est attendu en 2019.

Ce rapport commence par rappeler les compétences actuelles des professionnels de santé en matière de vaccination antigrippale :

  • Les sages-femmes sont autorisées à prescrire et à pratiquer certaines vaccinations des femmes et des nouveau-nés. De plus, afin de protéger l'enfant pendant la période post-natale, elles peuvent prescrire et pratiquer les vaccinations de l'entourage, dès la grossesse de la mère et pendant la période de huit semaines qui suit l'accouchement. La vaccination contre la grippe fait partie des vaccinations pouvant être réalisées par les sages-femmes chez les mères et l’entourage,
  • Les infirmiers sont habilités à pratiquer l'injection du vaccin antigrippal sans prescription médicale, à l'exception de la première injection, sur certaines personnes dont les conditions d'âge et les pathologies dont elles peuvent souffrir sont précisées par arrêté du ministre chargé de la santé (par exemple, les femmes enceintes sont exclues),
  • Concernant les pharmaciens, une expérimentation a été mise en place en 2017 dans certaines régions afin de leur permettre de réaliser eux-mêmes la vaccination antigrippale à l’officine, sur des personnes adultes (à l'exception des femmes enceintes, des personnes n’ayant jamais été vaccinées contre la grippe et des personnes à risque particulier : troubles de la coagulation, immunodépression…).

Au terme de son évaluation, la HAS considère qu'une harmonisation des compétences entre professionnels de santé en matière vaccinale apparaît justifiée en France et recommande :

  • D'harmoniser les publics ciblés entre professionnels de santé et de définir les populations éligibles à la vaccination, indépendamment du vaccinateur, en se fondant sur les recommandations vaccinales contre la grippe. En effet, il n’a pas été démontré de risque particulier lors de la 1ère administration du vaccin antigrippal et celui-ci est recommandé chez la femme enceinte donc il n'apparaît pas pertinent de restreindre la pratique de la vaccination contre la grippe saisonnière par les infirmiers et les pharmaciens aux seuls adultes ayant déjà été vaccinés antérieurement et aux femmes n’étant pas enceintes. De même, les données de sécurité des vaccins antigrippaux indiquent qu’ils sont bien tolérés chez les personnes atteintes de troubles de la coagulation (administration par voie sous-cutanée et non par voie intra-musculaire) et chez les personnes immunodéprimées. En revanche, la vaccination chez l'enfant nécessite une formation spécifique en pédiatrie que l'ensemble des professionnels de santé ne reçoit pas actuellement (hormis les infirmiers puériculteurs et les sages-femmes). Par conséquent, la HAS préconise de n'étendre les compétences des professionnels de santé qu'à la population de plus de 18 ans,
  • De renforcer les exigences associées en termes de formation, de traçabilité de la vaccination et de suivi de l'impact de l'extension des compétences professionnelles (si les sages-femmes et les infirmiers reçoivent dans leur cursus initial une formation aux différentes techniques d’injection et aux vaccinations, ce n’est pas le cas des pharmaciens qui doivent suivre une formation validée),
  • De limiter les occasions manquées de vaccination en multipliant les lieux possibles de vaccination (ex : mise à disposition des vaccins dans les cabinets médicaux pour une administration immédiate et mise en place de programmes de vaccination par les professions de santé dans les services hospitaliers et établissements médico-sociaux pour les patients hospitalisés ou vus en consultation),
  • D'accompagner ces mesures d'extension des compétences des professionnels de santé par des campagnes d'information.