Vaccination anti-HPV et maladie auto-immune : où en est-on en France ?

  • David E & al.
  • J Clin Med

  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • En France, près de 4 jeunes filles sur 10 atteintes de lupus érythémateux disséminé (LED) ou d’arthrite juvénile idiopathique (AJI) et en âge de recevoir la vaccination anti- papillomavirus humain (HPV) l’ont reçu ou sont en cours.
  • Tout comme dans la population générale, cette vaccination reste insuffisante chez les jeunes filles atteintes d’une maladie auto-immune.
  • L’éducation et la sensibilisation par les professionnels de santé aux bénéfices de cette vaccination sont des leviers d’engagement à la vaccination anti-HPV clairement identifiés par cette étude.

Pourquoi est-ce important ?

L’infection par HPV est l’une des principales infections sexuellement transmissibles, et l’HPV est le principal agent responsable du développement de lésions précancéreuses et cancéreuses du col de l’utérus. L’immunodépression favorise la persistance de lésions intra-épithéliales et la progression vers une forme agressive de cancer. Une méta-analyse a montré que l’incidence des lésions dysplasiques liées à l’HPV était 8,66 fois plus élevée chez les patientes atteintes de lupus que dans la population générale. Tous les mécanismes physiopathologiques ne sont pas encore identifiés. Administrée avant le début de l’activité sexuelle, l’efficacité de la vaccination anti-HPV est proche de 100%. La couverture vaccinale anti-HPV reste faible globalement chez les jeunes filles françaises (seulement 24% en population générale en 2018).

Méthodologie

Cette étude transversale, multicentrique a été menée sur des jeunes filles âgées de 9 à 19 ans et leurs parents. Les données ont été recueillies via un questionnaire auto-administré.

Principaux résultats

Au global, les données de 71 jeunes filles (16 atteintes de LED et 55 d’AJI, âge moyen 13 ans) ont été incluses dans les analyses.

Selon les déclarations des parents, 39% des jeunes filles étaient vaccinées contre l’HPV ou en cours de vaccination (44% dans la population LED et 38% dans la population AJI). L’âge moyen de la vaccination était de 13,6 ans, avec 71% de jeunes filles qui ont reçu une première injection entre 11 et 14 ans. Ce taux était de 82% chez les jeunes filles de 15 ans et plus. Dans la plupart des cas, la vaccination était réalisée par un médecin généraliste (39%) ou un pédiatre hospitalier (39%).

Deux facteurs étaient associés à la vaccination anti-HPV ont été identifiés : l’âge élevé (odds ratio 53,68, p<0,001) et le fait d’avoir déjà reçu une vaccination contre l’hépatite B (OR 4,97, p=0,040). 

Les jeunes filles et leurs parents ont déclaré que les principales motivations pour cette vaccination étaient la recommandation par un professionnel de santé (68% des parents et 58% des jeunes filles) et la crainte d’une maladie liée à l’infection HPV (54% des adultes et 38% des jeunes filles). Les principaux freins à la vaccination anti-HPV identifiés étaient le manque d’information sur le vaccin (19% des parents et 36% des jeunes filles), le fait qu’aucun professionnel de santé ne leur ait proposé cette vaccination (30% des parents et 24% des jeunes filles) ou encore la crainte des effets indésirables, surtout chez les parents (23% versus 2%).