Vaccination anti-COVID : données sur l’efficacité après une première dose en cas de rhumatismes inflammatoires chroniques

  • Boyarsky BJ & al.
  • Ann Rheum Dis

  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir

Une étude américaine suggère que les patients atteints de rhumatismes inflammatoires chroniques et recevant une première dose de vaccin à ARNm auraient une réponse par anticorps anti-RBD du SARS-CoV-2 similaire quelles que soient leur pathologie et leur classe de traitement immunomodulateur. Les sujets les plus jeunes semblent avoir une meilleure réponse humorale que les plus âgés. Seuls les sujets sous mycophénolate ou rituximab développeraient moins d’anticorps anti-RBD que les autres. Bien que rassurantes pour une immense proportion de patients, ces données demandent des investigations complémentaires pour savoir s’il est nécessaire d’ajuster ou non les traitements immunomodulateurs au moment de la vaccination.

Intérêt de ces données 

Les personnes atteintes de rhumatismes inflammatoires chroniques ou d’atteintes musculo-squelettiques sont généralement exclues des essais cliniques de phase I à III. De fait il existe peu de données sur l’efficacité des vaccins chez ces sujets. De précédentes études ont montré que le rituximab et le méthotrexate diminuaient la réponse humorale aux vaccins antigrippaux et antipneumococciques. Ici, les données indiquent une moindre réponse humorale sous rituximab, mais pas sous méthotrexate, ni anti-TNF, ce qui est rassurant pour une grande partie des patients. 

Méthodologie

Cette étude prospective est basée sur une cohorte américaine de patients atteints de rhumatismes inflammatoires chroniques recrutés via les médias sociaux aux États-Unis. Ceux qui avaient déjà été vaccinés contre le SARS-CoV-2 ont été exclus. Les données démographiques, les données diagnostiques concernant leur pathologie rhumatologique et celles sur leurs traitements immunomodulateurs en cours ont été recueillies. Des tests pour mesurer les taux d’anticorps contre le domaine de liaison au récepteur (RBD) de la protéine S du SARS-CoV-2 ont été réalisés.

 

Résultats

Au total 123 sujets (âge médian 50 ans) ayant reçu une première dose de vaccin ARMm anti-SARS-CoV-2 entre le 8 janvier 2021 et le 12 février 2021 ont été évalués. Les pathologies les plus fréquentes étaient les rhumatismes inflammatoires chroniques (28%), le lupus érythémateux disséminé (20%), le syndrome de Sjögren (13%), les connectivites (29%). Parmi l’ensemble des individus, 28% ont déclaré ne pas être traités par agents immunomodulateurs. Les autres étaient traités par DMARDs conventionnels (19%), DMARDs biologiques (14%) ou thérapie combinée (37%).

Parmi eux, 52% ont reçu le vaccin Pfizer et 48% le vaccin Moderna. Le bilan sérologique a été réalisé après un délai médian de 22 jours après cette première injection, 74% des sujets avaient des anticorps anti-RBD détectables. Les individus les plus jeunes développaient plus d’anticorps que les plus âgés (âge médian de ceux qui avaient développé des anticorps 46 ans versus 57 ans pour ceux qui n’en avaient pas développé, p=0,06). Aucune différence significative de réponse immunitaire n’a été mise en évidence entre les sujets en fonction de leur pathologie, ni en fonction des catégories de traitements déclarés (DMARDs biologiques ou non, monothérapie de corticoïde, combinaison de traitement ou aucun traitement). 

Presque tous les patients traités par anti-TNF et méthotrexate avaient des anticorps anti-RDB au SARS-CoV-2 (respectivement 16 patients sur 17 traités, et 10 sur 13). Seuls les sujets sous mycophénolate ou rituximab ont eu une réponse en anticorps anti-RBD significativement moindre (respectivement p=0,001 et p=0,04). 

Limitations

Échantillon de faible taille, non randomisé, données recueillies limitées. Il faut considérer ces résultats comme de premiers éléments nécessitant d’autres études plus robustes pour être confirmés.