Vaccination anti-COVID-19 : pourquoi les personnes atteintes de trisomie 21 sont-elles prioritaires ?


  • Fanny Le Brun
  • Actualités Médicales
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À retenir :

  • Depuis le 18 janvier 2021, la vaccination contre le SARS-CoV-2 est ouverte à 800.000  personnes identifiées comme « vulnérables à très haut risque »
  • Parmi elles, les personnes atteintes de trisomie 21 qui ont quatre fois plus de risque d'être hospitalisées pour une infection au SARS-CoV-2 et dix fois plus de risque d'en mourir
  • Elles doivent disposer d’une prescription médicale de leur médecin traitant pour bénéficier de cette vaccination

Depuis le 18 janvier 2021, la vaccination contre le SARS-CoV-2 est ouverte aux « patients vulnérables à très haut risque », tels que définis par le conseil d’orientation de la stratégie vaccinale. Environ 800.000 personnes sont concernées. Il s’agit des patients :

  • Atteints de cancers et de maladies hématologiques malignes en cours de traitement par chimiothérapie ;
  • Atteints de maladies rénales chroniques sévères, dont les patients dialysés ;
  • Transplantés d’organes solides ;
  • Transplantés par allogreffe de cellules souches hématopoïétiques ;
  • Atteints de polypathologies chroniques et présentant au moins deux insuffisances d’organes ;
  • Atteints de certaines maladies rares et particulièrement à risque en cas d’infection (liste disponible sur le site du Ministère des solidarités et de la santé) ;
  • Atteints de trisomie 21.

On peut s’étonner de l’absence de certaines comorbidités connues pour être des facteurs de risque de forme grave de COVID-19, comme le diabète, l’obésité, l’hypertension compliquée… qui feront vraisemblablement l’objet d’une vaccination prioritaire dans un second temps. À l’inverse, on peut s’étonner de la présence dans cette liste des personnes atteintes de trisomie 21, dont on parle peu depuis le début de cette pandémie.

Pourquoi est-ce important de vacciner en priorité les personnes atteintes de trisomie 21 ?

Alors que la trisomie 21 n’est pas souvent mentionnée dans les facteurs de risque de forme grave de COVID-19, une étude britannique publiée en octobre dernier a conclu que les personnes trisomiques ont quatre fois plus de risque que la population générale d'être hospitalisées pour une infection au SARS-CoV-2 et dix fois plus de risque d'en mourir. Cela peut s’expliquer notamment par le fait que cette anomalie génétique est associée à un dysfonctionnement du système immunitaire, rendant ces sujets plus sensibles aux infections. Elle est également associée à une fréquence plus élevée de comorbidités connues pour être des facteurs de risque de formes graves de COVID-19, telles que les cardiopathies, pneumopathies, diabète et obésité. De plus, on observe un vieillissement prématuré des personnes atteintes de trisomie 21, ce qui les rend plus fragiles à un âge plus précoce que dans la population générale.

Il est donc important de vacciner ces personnes, sachant qu’on estime à environ 65.000 le nombre de trisomiques de moins de 75 ans pouvant bénéficier de cette vaccination prioritaire. Pour rappel, cette vaccination n’est pour l’instant pas indiquée avant l’âge de 16 ans.

Comme pour les autres patients vulnérables à très haut risque, afin de s’assurer du respect des critères médicaux nécessaires pour bénéficier de cette vaccination avant l’âge de 75 ans, les personnes trisomiques doivent disposer d’une prescription médicale de leur médecin traitant.