Vaccin : un seul antigène pourrait protéger contre plusieurs maladies ?


  • Fanny Le Brun
  • Actualités Médicales
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À retenir :

  • Des équipes tentent de développer un vaccin basé sur un seul antigène qui pourrait protéger contre plusieurs maladies
  • L’antigène retenu est un glucide appelé α-gal qui est très répandu parmi les êtres vivants dont des parasites, bactéries et champignons, mais qui est immunogène chez l’Homme, les oiseaux et les poissons
  • Des études menées chez l’animal ont montré que la prise orale d’un vaccin à base d’α-gal apporte une protection contre différentes maladies et pourrait représenter une innovation importante si cela se confirmait chez l’Homme

Le développement des vaccins repose sur l’utilisation d’antigènes spécifiques pour protéger contre un agent infectieux en particulier. Or, des études menées chez l’animal laissent penser qu’un seul antigène pourrait protéger contre plusieurs maladies, causées aussi bien par des parasites, que par des bactéries ou des champignons.

Une publication qui vient de paraître fait le point sur le développement d’un vaccin utilisant un glucide présent sur la membrane des cellules d’organismes pathogènes : le galactose-α-1,3-galactose (α-gal). Ce glucide est répandu parmi les êtres vivants mais les humains, les oiseaux et les poissons ont perdu la capacité de le synthétiser. Ainsi, lorsqu’ils sont infectés par un organisme porteur de ce glucide, ils produisent des anticorps spécifiques dirigés contre l’α-gal.

Une étude a été réalisée chez les poissons-zèbre et a montré qu’un vaccin à base d’α-gal permet de les protéger contre la bactérie Mycobacterium marinum, qui est proche de Mycobacterium tuberculosis, responsable de la tuberculose chez l’Homme.

Une autre étude a été faite chez des volailles auxquelles on a donné une souche de bactérie qui produit une grande quantité d’α-gal et qui fait partie du microbiote intestinal : Escherichia coli O86:B7. Les volailles ont ensuite été infectées par un champignon, Aspergillus fumigatus, qui provoque des lésions pulmonaires chez les volailles mais aussi chez l’Homme immunodéprimé. Il a alors été observé que les dindes ayant reçu les bactéries ont résisté à l’infection par le champignon et leurs poumons n’ont pas été endommagés.

D’autres études chez des souris ont montré l’efficacité de vaccins à base d’α-gal sur des parasites responsables de maladies majeures pour l’Homme comme le paludisme, la maladie de Chagas et la leishmaniose.

La possibilité d’obtenir une réponse immunitaire efficace par la consommation de bactéries riches en α-gal est intéressante et novatrice. Ce vaccin correspond à un probiotique : le coût de production est faible, l’administration est facile (voie orale) et la conservation ne nécessite pas de respecter la chaîne du froid.

Pour l’instant les études ont été menées chez l’animal mais ces travaux pourraient modifier les stratégies de vaccination contre plusieurs maladies animales et humaines. On ne connaît pas encore le nombre exact de pathogènes portant l’α-gal mais la liste pourrait être longue… Développer un produit qui pourrait à lui seul protéger contre plusieurs maladies serait une innovation importante. Il reste maintenant à mener des études chez l’Homme.