Vaccin contre le paludisme gestationnel : les premiers résultats sont prometteurs


  • Fanny Le Brun
  • Actualités Médicales
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À retenir :

  • Le paludisme pendant la grossesse augmente de manière substantielle les risques pour la santé de la mère et de l’enfant à naître
  • C’est pourquoi une équipe française travaille au développement d’un vaccin contre le paludisme gestationnel qui vient d’être testé sur 68 femmes
  • Les résultats à 15 mois sont prometteurs : le vaccin semble avoir la capacité de déclencher une réponse immunitaire durable et potentiellement protectrice, à confirmer avec d’autres essais à plus long terme

 

Le paludisme est responsable de plus de 400.000 décès chaque année. Les femmes enceintes et leurs bébés sont particulièrement vulnérables car pendant la grossesse, les globules rouges infectés par le parasite Plasmodium falciparum s’accumulent au niveau du placenta. Cela favorise l’anémie et l’hypertension maternelles, les fausses couches spontanées, les accouchements prématurés et les retards de croissance intra-utérins à l’origine d’une insuffisance pondérale à la naissance et d’un taux de mortalité infantile important. En Afrique Sub-Saharienne, 11 millions de femmes enceintes ont ainsi été infectées par le paludisme en 2018. Elles ont donné naissance à près de 900.000 enfants en insuffisance pondérale.

Afin de protéger les mères et leurs enfants, une équipe française de chercheurs travaille depuis vingt ans au développement d’un vaccin contre le paludisme gestationnel. L’objectif serait de vacciner les jeunes femmes avant leur première grossesse afin de prévenir jusqu’à 10.000 décès maternels et 200.000 décès infantiles par an.

Ce vaccin, baptisé PRIMVAC, vient de faire l’objet d’un essai clinique pour étudier sa tolérance et sa capacité à induire une réponse immunitaire adaptée. Cet essai a inclus 68 femmes non enceintes âgées de 18 à 35 ans à Paris puis au Burkina Faso. Les participantes ont été randomisées en 4 cohortes, recevant le vaccin à différentes doses, à 3 reprises sur une période de 3 mois. Elles ont ensuite été suivies pendant 15 mois afin d’identifier et de prendre en charge d’éventuels effets indésirables et d’étudier la réponse immunitaire induite par la vaccination.

Les résultats de cet essai clinique ont été publiés dans la revue Lancet Infectious Diseases et sont prometteurs. Ils démontrent que le vaccin PRIMVAC est bien toléré à toutes les doses testées et permet d’induire une réponse immunitaire avec production d’anticorps chez 100 % des femmes vaccinées après seulement deux injections, ceux-ci persistant pendant plusieurs mois. Les anticorps produits sont capables de reconnaître l’antigène parasitaire à la surface des globules rouges infectés et d’inhiber leur capacité adhésive responsable de leur accumulation dans le placenta, ce qui est crucial pour lutter contre cette forme gestationnelle du paludisme. Le vaccin semble donc avoir la capacité de déclencher une réponse immunitaire durable et potentiellement protectrice.

De nouveaux essais seront nécessaires pour étudier cette réponse immunitaire à plus long terme ainsi que la protection associée. Les 50 volontaires burkinabées seront suivies afin d’évaluer si cette réponse immune induite par la vaccination se maintient jusqu’à leur première grossesse.