Usage intensif des réseaux sociaux : peut-être un facteur favorisant du TDAH…

  • Ra CK & al.
  • JAMA
  • 17 juil. 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Dans une population d’étudiants âgés de 15-16 ans et suivis pendant 2 ans, une association faible, mais statistiquement significative, a pu être mise en évidence entre un usage intense des média digitaux et les troubles du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH). De nouvelles études sont maintenant nécessaires pour savoir si cette association est causale ou non.

Pourquoi est-ce intéressant ?

Les nouvelles technologies permettent notamment d’avoir accès à des réseaux sociaux, des vidéos, de la musique, de pouvoir envoyer des textos, de chatter, de jouer à des jeux, de lire des livres…. Toutes ces nouvelles activités sont disponibles par des outils mobiles capables de fournir une stimulation forte. Les adolescents en sont fortement adeptes, et encore peu d’études évaluent les conséquences de ces nouvelles pratiques, d’où l’intérêt de celle-ci.

Méthodologie

Étude longitudinale de cohorte menée auprès d’étudiants en Californie recrutés à partir d’un échantillon de volontaires.  Les participants devaient décrire à 6, 12, 18 et 24 mois, la fréquence des symptômes de TDAH (incluant 9 symptômes d’inattention et 9 symptômes d’hyperactivité et d’impulsivité) au cours des 6 derniers mois, cette fréquence étant cotée de 0 à 54. Un score de sévérité classait les symptômes sur une échelle de 0 à 3. À 12 et 24 mois de suivi, les étudiants devaient également indiquer à quelle fréquence ils étaient engagés dans les 14 activités digitales listées durant la semaine écoulée (1, 1-2 fois/semaine, 1-2 fois/jour, ou plusieurs fois par jour). Chaque réponse faisait l’objet d’un classement en niveau élevé de fréquence (plusieurs fois par jour) versus les autres niveaux de fréquence. Puis la somme, entre 0 et 14, des fréquences des différents média utilisés était calculée.

Principaux résultats

Au global, 2.587 adolescents n’ayant pas de symptômes de trouble de l’hyperactivité ou de déficit de l’attention à l’inclusion ont participé aux analyses (54,4% de filles, âge moyen 15,5 ans),  et ont été suivis sur une durée moyenne de 22,6 mois.

Les adolescents réalisaient de manière intensive, en moyenne 3,62 activités sur 14 explorées.

Parmi les participants, à 6, 12, 18 et 24 mois, ils étaient respectivement 6,9%, 4,8%, 5,7% et 5,9% à déclarer avoir eu des symptômes de TDAH dans les six derniers mois. 

L’activité la plus fréquemment déclarée était la consultation des réseaux sociaux, pour 54,1% des étudiants.

À l’inclusion l’utilisation de manière intensive d’une activité supplémentaire était associée à une augmentation du risque de percevoir des symptômes de TDAH au cours du suivi (OR 1,11 [1,06-1,16]). Cette association persistait après ajustement aux covariables socioéconomiques (OR 1,10 [1,05-1,15]).

Les garçons (par rapport aux filles) et les adolescents présentant le plus de symptômes dépressifs et d’habitudes de comportements délinquants étaient à plus fort risque de symptômes de TDAH durant le suivi.

Les étudiants qui à l’inclusion, n’utilisaient pas de manière intensive les plateformes médiatiques avaient un taux moyen de symptômes de TDAH de 4,6% durant le suivi, versus 9,5% chez les 114 qui avaient rapporté 7 activités de forte intensité, et versus 10,5% chez les 51 étudiants qui avaient déclaré 14 activités de haute intensité.

Principales limitations

Ces données doivent être considérées comme des données préliminaires qui doivent être confirmées par de nouvelles études.