Urgences. 2 : un panel de solutions

  • Serge Cannasse
  • Actualités professionnelles
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Rapporteur de la mission sur les urgences demandée par le Président de la République, le Dr François Braun, président de Samu-Urgences de France (SUdF), a convenu dans un entretien accordé à La Croix, que « le diagnostic est connu, posé, et des solutions sont déjà sur la table. » (voir l’article “Urgences. 1 : L’amoncellement des difficultés”) Celles-ci portent principalement sur deux niveaux du flux des patients : en amont et au sein des services, ainsi que sur l’articulation entre médecine de ville et urgences.

– Amont. 

Pour contrer les problèmes de démographie médicale, il a été proposé de revaloriser les tarifs de la permanence des soins ambulatoires (PDSA) ainsi que de créer une quatrième année d’internat en médecine générale avec participation des internes à la PDSA.

Pour améliorer l’organisation des soins de ville, plusieurs solutions ont été évoquées dont certaines commencent à être mises en œuvre : création de maisons médicales de garde (avec un succès mitigé jusqu’à présent), recours aux centres de santé, aux maisons de santé pluridisciplinaires et aux communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), meilleure articulation de ces dernières avec les groupements hospitaliers de territoire (dont le Sénat estime que les résultats ne sont guère « probants »). Il est également envisagé la création de walk-in centers, sur le modèle anglo-saxon, notamment à partir des petits services d’urgence et des hôpitaux de proximité. PDSA et walk-in centers seraient équipés de plateaux techniques, en particulier pour la petite chirurgie.

– Au sein des services. 

L’effort financier du Ségur de la santé n’a manifestement pas été suffisant. La revalorisation des salaires et notamment des gardes de nuit doit être envisagée. Il faut également améliorer les conditions de travail et de vie des personnels soignants, notamment en recrutant massivement afin de diminuer le nombre de patients pris en charge par chacun.

La place des infirmier(e)s doit être renforcée : délégation de tâches, recours aux infirmier(e)s de pratique avancée, rôle accru des cadres de santé. À noter qu’environ 80% des services ont mis en place un triage des patients par un(e) infirmier(e).

Le développement des circuits courts de prise en charge doit se généraliser. La création de gestionnaires de lits (pour l’aval) au sein des services d’urgence est une solution qui apparaît efficace.

– Articulation médecine de ville et services d’urgences. 

Il est préconisé de créer des cellules de coordination entre la ville et l’hôpital, sur une base territoriale, voire des comités de pilotage régionaux. La présence de médecins généralistes dans les services d’urgence pour assurer une partie des diagnostics et soins ne relevant pas d’une pratique spécialisée semble efficace.

Le Sénat préconise de donner une « plus grande latitude » aux acteurs de santé pour s’organiser et d’y inclure les représentants des collectivités territoriales. Le « maquis institutionnel et administratif » doit être repensé.

Le SUdF a récemment émis de très nombreuses propositions d’amélioration des urgences, dont il estime que certaines pourraient être mises en œuvre rapidement. Pour François Braun, son président, l’objectif de la mission qu’il pilote est d’être « pragmatique et de rendre ces solutions opérationnelles ». Le but est que les urgences reviennent à leur « raison d’être : les urgences vitales. »