Une voie thérapeutique pour la stéatose hépatique : le microbiote intestinal


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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De 7 à 8 patients obèses et/ou diabétiques sur 10 sont atteints de stéatose hépatique, dont actuellement le seul traitement est le contrôle du régime alimentaire. De nombreux travaux ont montré que le microbiote intestinal jouait un rôle dans la genèse du diabète et de l’obésité. En va-t-il de même pour l’apparition de la stéatose hépatique ? Le consortium européen FLORINASH rassemble des chercheurs français, italiens et anglais dans le but de répondre à cette question. Il a constitué deux cohortes rassemblant plus de 800 patients hommes et femmes. Au sein de cette population, un groupe d’une centaine de femmes obèses a été isolé afin de constituer une base de données comprenant l’ensemble de leur métagénome fécal (ensemble des génomes de la population bactérienne fécale : plus de 3 millions de gènes bactériens), de leur transcriptome hépatique (ensemble des ARN messagers, correspondant à l’ensemble des gènes hépatiques exprimés)  et de leur métalobome (ensemble des métabolites retrouvés dans un échantillon biologique) urinaire et plasmatique. Des algorithmes ont été construits pour apparier les résultats. Il s’agit donc d’une démarche caractéristique de « big data ».

Les chercheurs, coordonnés par une équipe toulousaine (INSERM), ont abouti à deux principaux résultats. Premièrement, les patientes ayant une stéatose hépatique ont un microbiote intestinal moins diversifié que celles qui en sont indemnes. Deuxièmement, la production d’acide phénylacétique, issu du métabolisme des acides aminés aromatiques par le microbiote intestinal, est associée à la stéatose.

De plus, l’introduction de microbiote intestinal de patientes ayant une stéatose hépatique provoque une stéatose chez des souris saines et stimule le métabolisme intestinal des acides aminés à chaine ramifié. C’est l’acide phénylacétique qui en semble responsable : son administration aux souris saines déclenche les mêmes effets.

Les chercheurs en concluent que la modification du microbiote intestinal pourrait constituer une voie thérapeutique prometteuse. De plus, leur travail pourrait aboutir à la mise à disposition de biomarqueurs prédictifs de la stéatose hépatique chez les patients obèses.