Une supplémentation vitaminique chez la femme enceinte diminuerait-elle le risque d’autisme ?

  • Schmidt RJ & al.
  • JAMA Psychiatry
  • 27 févr. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Une étude prospective de cohorte suggère que dans les familles à haut risque de troubles du spectre autistique (TSA), la prise de vitamines par la mère durant le 1er mois de grossesse réduirait le risque de diagnostic de troubles du spectre autistique chez l’enfant à l’âge de 3 ans. Ces données mériteraient d’être confirmées par d’autres études afin d’évaluer le type de nutriments spécifiquement bénéfiques avant de compléter au besoin les recommandations sur la prévention de ces troubles.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Si la supplémentation en acide folique a été associée dans certaines études à la réduction du risque de développer des troubles du spectre de l’autisme chez l’enfant, aucune étude n’avait jusqu’à présent évalué l'association entre la prise de vitamines et l'autisme dans un contexte familial à risque.

Méthodologie

MARBLES (Markers of Autism Risk in Babies: Learning Early Signs) est une étude prospective américaine qui a évalué un échantillon de 332 frères et sœurs d’enfants souffrant d’autisme ainsi que leur mère (n=305). Les enfants participant à cette étude sont nés entre le 1er décembre 2006 et le 30 juin 2015 et ont bénéficié d’un suivi durant 6 mois à leur 3anniversaire. Les données concernant la supplémentation des mères ont été recueillies par téléphone. Les troubles du spectre de l’autisme ont été mesurés par l’échelle de Mullen. 

Principaux résultats

Au global, 241 enfants issus de fratrie à haut risque ont été intégrés dans les analyses (58,1% de garçons, âge moyen 36,5 mois). Même si la plupart des mères (95,9%) ont déclaré prendre des vitamines durant leur grossesse, elles n'étaient que 36,1% à avoir pris celles-ci durant les 6 mois qui précédaient leur grossesse. Les résultats des analyses sur les fratries montrent que la prévalence des troubles du spectre de l’autisme serait de 14,1% chez les enfants dont la mère avait reçu une supplémentation vitaminique durant le 1er mois de grossesse et de 32,7% chez les enfants dont la mère n’avait pas été supplémentée. Ainsi, les enfants dont la mère avait reçu une supplémentation vitaminique durant le premier mois de grossesse étaient deux fois moins susceptibles de recevoir un diagnostic de TSA (Risque relatif ajusté (RRa) 0,50 [0,30-0,81]). En revanche, aucune différence n’a été mise en évidence en ce qui concerne les autres troubles du développement (RRa 1,14 [0,75-1,75]). Les symptômes liés aux troubles du spectre de l’autisme étaient également moins sévères chez les enfants dont la mère avait été supplémentée et ces derniers présentaient des scores cognitifs plus élevés que les autres enfants.

Ainsi, chez les familles à haut risque d’autisme, la prise quotidienne de vitamines durant le premier mois de grossesse serait associée à une diminution du risque de troubles de l’autisme chez l’enfant. 

Principales limitations

Étude observationnelle qui manque de précisions qualitatives et quantitatives sur les supplémentations vitaminiques.