Une stratégie nationale pour les aidants


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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Un Français sur six est un « aidant », c’est-à-dire une « personne qui vient en aide de manière régulière et fréquente, à titre non professionnel, pour accomplir tout ou partie des actes ou des activités de la vie quotidienne d’une personne en perte d’autonomie » (définition donnée dans la loi du 28 décembre 2015). Trois aidants sur cinq sont des aidantes, quatre sur cinq ont le sentiment de ne pas être eux-mêmes suffisamment aidés et considérés par les pouvoirs publics et plus de deux sur cinq ont du mal à concilier leurs activités d’aidants avec leur vie professionnelle. Avant le lancement de la réforme du grand âge et de l’autonomie qui sera présentée à la fin de l’année 2019, le Gouvernement vient de lancer une Stratégie de mobilisation et de soutien aux aidants pour les années 2020 à 2022. Présentée par le Premier ministre, elle s’articule autour de 6 priorités, identifiées à l’issue de concertations avec les associations concernées et déclinées en 17 mesures.

1) Rompre l’isolement et soutenir au quotidien

En 2020, seront mis en place un numéro téléphonique national et un réseau de lieux d’accueil labellisés pour écouter et orienter les aidants. Les offres d’accompagnement par des professionnels et des pairs seront diversifiées et leur nombre augmenté, avec l’objectif de plus de 450.000 aidants accompagnés d’ici 2022. Dans le même délai, une plateforme numérique permettra d’identifier les offres proches de son domicile.

2) Ouvrir de nouveaux droits sociaux

Un congé de proche aidant indemnisé sera créé en octobre 2020. D’une durée de trois mois sur l’ensemble de la carrière professionnelle, il pourra être fractionné. Il sera pris en compte automatiquement au titre des droits à la retraite, sans formalités à accomplir. Le montant de l’indemnisation sera équivalent à celui de l’allocation journalière de présence parentale : 43 euros par jour pour les personnes vivant en couple et 52 euros par jour pour une personne vivant seule. Les périodes de congé de proche aidant ne compteront plus dans le calcul des droits au chômage dès novembre 2019. Des mesures de simplification des déclarations de proches aidants de personnes handicapées seront prises.

3) Concilier vie personnelle et vie professionnelle

Les congés de présence parentale pourront être pris de façon fractionnée (par demi-journées) dès janvier 2020, l’allocation afférente étant alors elle-même fractionnnée. Le soutien aux proches aidants devra être inscrit dans les thèmes de négociation sociale dans les entreprises.

4) Acrroître et diversifier les solutions de repli

Un plan national de renforcement et de diversification des solutions de répit sera lancé pour la période 2020-2022, avec un financement supplémentaire de 105 millions d’euros. Ces solutions permettent à l’aidant de lâcher prise pendant un certain temps. Leur diversité empêche toute formulation unique.

5) Agir pour la santé des proches aidants

Ces derniers négligent souvent leur propre santé. Une enquête sur le sujet sera lancée en 2020. Différentes mesures seront prises pour inciter les professionnels de santé à prendre en considération la santé des proches aidants.

6) Épauler les jeunes aidants

Les aidants de moins de 20 ans ont des besoins spécifiques, notamment en ce qui concerne leur scolarité. Dès la fin de l’année 2019, leur rythme d’étude pourra être aménagé (notamment pour leurs examens). Une expérimentation est en cours pour sensibiliser les personnels de l’Éducation nationale.

 

Plusieurs des mesures de la Stratégie nationale seront régulièrement évaluées. Une campagne nationale de sensibilisation sera lancée en 2020. En particulier, un comité de suivi se réunira deux fois par an. Il sera présidé par la Secrétaire d’État auprès du Premier ministre chargée des personnes handicapées et par la Ministre des solidarités et de la santé.