Une première feuille de route pour améliorer les suites d’AVC


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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En France, l’AVC (accident vasculaire cérébral) toucherait 130.000 personnes par an, dont 25.000 de moins de 65 ans. Il est la première cause de handicap non traumatique et la deuxième cause de démence. Trois de ses victimes sur quatre conservent des séquelles de gravité diverse, une sur quatre des séquelles lourdes après un an. Le plan AVC 2010-2014 a permis d’améliorer la prise en charge initiale, avec notamment une diminution de la mortalité hospitalière. Mais une étude de la HAS (Haute Autorité de santé) menée à partir des données d’un échantillon de patients en 2016 a montré que seulement 34% des patients hospitalisés en MCO (médecine chirurgie obstétrique) ont été orientés vers un SSR (soins de suite et de réadaptation). En 2017, ce transfert s’est effectué dans 72% des cas en SSR spécialisé, dont 46% en SSR « Affections du système nerveux » et 25% en SSR « Affections liées à la personne âgée polypathologique, dépendante ou à risque de dépendance ». Il est influencé par l’âge du patient : 87% des moins de 60 ans sont orientés vers un SSR « Affections du système nerveux ».

La DGOS (Direction générale de l’offre de soins) a sollicité la HAS pour élaborer des outils portant sur le parcours des patients après la phase initiale de l’AVC : critères d’orientation et modalités de prise en charge. Il s’agit notamment de « disposer de référentiels pour structurer l’offre de soins dans le contexte de réforme du mode de financement des SSR à l’activité. » La « note de problématique » publiée par la HAS est basée sur un état des lieux de la littérature pour une prise en charge optimale.

Comment effectuer une prise en charge optimale des suites d’AVC

L’Agence a effectué un travail unanimement salué par les professionnels concernés sollicités ainsi que par les « parties prenantes » (collèges nationaux professionnels médicaux et paramédicaux, Fédération France AVC, DGOS, Direction générale de la santé et Assurance maladie). Pour elle, les principaux messages à retenir sont :

  • La réalisation précoce de l’évaluation initiale au moyen d’outils standardisés et validés, par une équipe pluridisciplinaire spécialisée et coordonnée.

  • La prise en compte de la sévérité de l’AVC, du pronostic de récupération et des déficits pour définir les besoins de la rééducation/réadaptation.

  • L’organisation de consultations pluridisciplinaires impliquant les équipes de l’Unité neurovasculaire concernée et des SSR spécialisés pour décider de l’orientation des patients dans des parcours adaptés.

  • L’initiation précoce du programme de rééducation/réadaptation, comportant des séances d’au moins 45 minutes par type de rééducation, au moins 5 jours par semaine ; il sera organisé de manière coordonnée et multidisciplinaire. Le recours aux SSR « Affections du système nerveux » sera privilégié, mais compte tenu de l’offre existante ne permettant pas qu’il soit effectif pour tous les patients, en pratique il sera plutôt choisi pour les patients avec un bon pronostic de récupération, correspondant aux profils d’AVC de sévérité modérée de patients jeunes, sans difficultés associées.

Ce problème de l’offre est précisément ce que font remarquer les professionnels et les parties prenantes consultés : « le manque de disponibilité de structures adaptées et de ressources professionnelles spécialisées ». La HAS reprend à son compte la proposition du groupe de travail des professionnels : élaborer une fiche de pertinence des soins de rééducation/réadaptation de la phase aiguë de l’AVC jusqu’à la phase chronique, avec une attention particulière à l’identification de situations déviantes par rapport aux recommandations.