Une nouvelle stratégie thérapeutique dans l’ostéoporose post-ménopausique à venir ?

  • Tsai JN & al.
  • Lancet Diabetes Endocrinol
  • 1 oct. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Une étude de phase 4 (DATA-HD) vient de montrer que chez des femmes ayant une ostéoporose post-ménopausique, le tériparatide utilisé à forte dose - en association avec le dénosumab - augmentait plus fortement la densité minérale osseuse (DMO) au niveau de la hanche et du rachis que la même association mais avec une dose standard de tériparatide. Selon les auteurs, aucune autre stratégie ne permet à ce jour d’obtenir une augmentation de DMO d’une ampleur similaire. Ces résultats ne présagent cependant pas d’un éventuel impact sur le risque fracturaire.

Pourquoi cette étude est intéressante ?

Les résultats de l’étude DATA (Denosumab and Teriparatide Administration) ont suggéré que l’association dénosumab - tériparatide augmentait la DMO, améliorait la micro-architecture osseuse et augmentait la résistance osseuse de manière plus importante que lorsque les molécules sont utilisées seules. Par ailleurs, alors que les concentrations en marqueurs de la résorption étaient similaires sous dénosumab seul ou associé au tériparatide, les marqueurs de la formation osseuse, eux, étaient davantage exprimés lorsque le dénosumab était associé au tériparatide. DATA-HD a évalué l’intérêt de fortes doses de teriparatide vs des doses standards. Les résultats présentés ici sont particulièrement intéressants pour les femmes à haut risque de fractures. Les mécanismes moléculaires sous-jacents ne peuvent cependant pas être définis en l’absence d’analyses histomorphométriques et de biopsies tissulaires. 

Méthodologie

DATA-HD est un essai de phase 4, randomisé, contrôlé, mené en ouvert dans un centre hospitalier du Massachusetts. Les patientes incluses étaient des femmes post-ménopausées et ayant reçu le diagnostic d’ostéoporose. Elles ont été randomisées (1:1) pour recevoir quotidiennement durant 9 mois, du tériparatide en SC (à la dose standard à 20 microgrammes ou à une dose élevée de 40 microgrammes). À partir du 3èmemois, les deux groupes recevaient du dénosumab 60 mg en SC tous les 6 mois pour une période de 12 mois.

Principaux résultats

Au total, 76 femmes ont reçu du tériparatide (39 à une dose standard et 37 à forte dose). 

À 15 mois, la DMO avait augmenté dans les deux groupes et à tous les sites de mesures. Cependant, la différence était significativement plus importante dans le groupe tériparatide forte dose au niveau lombaire, de la tête fémorale et de la hanche totale (respectivement 17,5% vs 9,5%, p

À 15 mois, l’augmentation moyenne de la force osseuse au niveau vertébral était significativement plus importante dans le groupe tériparatide 40 microgrammes que dans le groupe 20 microgrammes (33,3% vs 18,5%, p

Les événements indésirables sont survenus pour une proportion assez similaire de patients dans les deux groupes (respectivement 77% et 78%). En revanche, un taux plus important d’événements graves sont survenus chez les patientes traitées par les doses les plus élevées de tériparatide (18% vs 5%).

Les douleurs articulaires (38%), les crampes (38%) et la fatigue (31%) étaient les événements indésirables les plus fréquemment retrouvés chez les patientes traitées par l’association à faible dose de tériparatide, alors qu’il s’agissait de la fatigue (38%), des nausées (43%) et des douleurs articulaires (46%) dans le groupe à plus forte dose. 

Principales limitations

Il s’agit d’une étude menée en ouvert. En France comme aux États-Unis, seule le tériparatide 20 microgrammes est approuvé.

Financements

Cette étude a été financée par le National Institutes of Health and the Dart Foundation.