Une nouvelle étude écarte l'intérêt des antioxydants en prévention de la maladie d’Alzheimer

  • Williams DM & al.
  • Am J Clin Nutr
  • 29 déc. 2018

  • de Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Selon une étude suédoise, les quatre antioxydants que constituent le bêta-carotène, les vitamines A et C et l’urate ne possèderaient aucun effet préventif sur le risque de développer une maladie d’Alzheimer. Ce résultat est issu d’une étude de randomisation mendélienne en 2 parties permettant d’abord d’identifier les polymorphismes nucléotidiques (SNP) associés à une variation des taux circulants des différents anti-oxydants étudiés, et ensuite de comparer si la présence de ces SNP est différente au sein d’une cohorte de sujets malades et d’une autre de sujets sains.

  • Ces résultats contredisent les résultats d’études observationnelles parues préalablement, au sein desquelles des biais méthodologiques et des facteurs potentiels de confusion non identifiés sont probablement impliqués. En attendant une potentielle étude randomisée sur le sujet, dont on imagine la complexité (durée de suivi, biais…), ce travail va dans le sens des études d’intervention qui ont jusqu’à présent été non concluantes quant à la possibilité de prévenir ou de ralentir la progression des troubles cognitifs par apports d’antioxydants.

Méthodologie et résultats

  • L’étude a d’abord consisté à identifier les SNP impliqués dans les taux circulants de bêta-carotène, urate, vitamines A et C selon les études d'association pangénomique (GWAS) menées auprès de plusieurs milliers de personnes pour chacun. Ainsi, les chercheurs ont identifié respectivement 1, 4, 1 et 30 SNP pour les 4 anti-ocydants. Ils les ont utilisé dans la seconde partie de l’étude afin de rechercher un différentiel  éventuel entre la fréquence de représentation des SNP chez les sujets malades et les sujets sains par randomisation mendélienne.

  • L’analyse a été menée à partir d’une cohorte rassemblant 17.008 patients présentant une maladie d’Alzheimer tardive (65,8 à 82,3 ans au diagnostic, 60 % de femmes) et 37.154 sujets contrôles.

  • Aucun des SNP identifiés dans la première partie de l’étude n’a permis de mettre en évidence que la variation génétiquement déterminée des taux circulants des 4 anti-oxydants est associée à un risque de maladie d’Alzheimer différent. Les odds ratio associés à chacun des composés étaient compris entre 1,00 et 1,05, avec des intervalles de confiance encadrant l’unité.

  • Des analyses supplémentaires ont permis d’écarter certains biais et erreurs du modèle, notamment le biais lié à la pléiotropie de certains des gènes considérés.

Financement

Cette étude a reçu un financement européen (Horizon 2020).