Une mort sur six attribuable au plomb aux Etats-Unis


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D'après une étude parue lundi dans The Lancet Public Health, plus d'une mort sur six aux États-Unis serait reliée à l'exposition au plomb. Ainsi ses auteurs affirment que « sur les 2,3 millions de morts chaque année aux États-Unis, environ 400 000 peuvent être attribuées à l'exposition au plomb, une estimation dix fois plus élevée que l'actuelle ». Le chiffre avancé est considérable et comparable au nombre de morts causées par le tabac.

Pour parvenir à cette estimation, les chercheurs de l'université canadienne Simon Fraser se sont appuyés sur des données concernant 14 000 personnes suivies pendant près d'une vingtaine d'années en moyenne, entre 1990 et 2011. Ils ont calculé que le risque de mourir précocement augmentait de 37 % et que le risque de mourir d'une maladie coronarienne doublait chez les personnes ayant une forte concentration de plomb dans le sang (au moins 6,7 mg par décilitre). « Des niveaux faibles d'exposition au plomb sont un facteur de risque important, mais largement ignoré, de mort par maladie cardiovasculaire », indique Bruce Lanphear, l'un des auteurs de l'étude. Il estime, par ailleurs, qu'il n'existe pas de «niveaux sûrs» concernant le plomb. L'exposition à ce métal lourd vient traditionnellement des carburants, des peintures, de la plomberie, des rejets de l'industrie, mais aussi de l'alimentation.

Malgré des décennies de lutte pour réduire les émissions polluantes dues au plomb, il reste donc beaucoup à faire pour protéger la santé de ce contaminant. Il faut dire que les États-Unis ont longtemps accusé un retard dans la prévention. Ce n'est qu'en 1978 que la peinture domestique à base de plomb a été interdite dans le pays. Cette réglementation tardive de l'usage du plomb aurait eu de nombreuses répercussions sanitaires. Une étude estime, par exemple, que la population américaine aurait perdu en moyenne 5 points de QI de son fait.