Une molécule du bien vieillir


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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Une équipe CNRS / Institut Pasteur avait observé que l’injection de sang d’une souris jeune chez une souris âgée entraînait le rajeunissement des vaisseaux sanguins de celle-ci, en particulier ceux du cerveau, avec comme conséquences l’amélioration du flux sanguin cérébral, la stimulation de la neurogenèse et l’amélioration de la cognition. Or, il est admis que chez plusieurs espèces, certaines méthodes de restriction alimentaire, par exemple le jeûne intermittent, amélioreraient aussi les performances cognitives, tout en allongeant l’espérance de vie. Les chercheurs ont donc fait l’hypothèse de mécanismes communs aux deux phénomènes. 

Leur intérêt s’est porté sur la molécule GDF-11 ( Growth Differenciation Factor ), impliquée dans le développement embryonnaire. Son administration à des souris âgées a augmenté leur neurogenèse et le modelage de leurs vaisseaux sanguins. De plus, les animaux perdaient du poids sans que leur appétit soit modifié.

Ils ont donc fait l’hypothèse d’un lien médié par GDF-11 entre restriction calorique et pouvoir régénératif d’un sang jeune. Or, il existe une hormone qui entraîne une perte de poids sans diminution de l’appétit : l’adiponectine, sécrétée par le tissu adipeux. Chez les animaux ayant subi une restriction calorique, ses niveaux sanguins sont élevés. Il en va de même chez ceux à qui GDF-11 a été administré.

Les chercheurs en ont déduit que l’administration de GDF-11 entraîne des modifications métaboliques similaires à celles induites par la restriction calorique ainsi que la formation de nouveaux neurones cérébraux. En conclusion de leur travail, publié dans la revue Aging Cell , ils envisagent son utilisation thérapeutique dans certaines maladies métaboliques comme l’obésité ou dans les maladies neurodégénératives.