Une mise au point de la HAS sur la qualité de vie : une notion incontournable et mesurable


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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Dans une récente note de synthèse, la HAS fait remarquer que bien que la qualité de vie soit un concept très large, sa mesure a fait l’objet de nombreux instruments répondant à une méthodologie scientifique rigoureuse, démontrant leurs qualités en termes d’applicabilité, de fiabilité, de validité et de sensibilité et les mettant à l’épreuve d’une expérimentation. Leur utilisation repose sur deux étapes : la première est descriptive, produisant un profil comportant des dimensions physiques (autonomie, capacités physiques), psychiques (émotions, cognition), somatiques (symptômes, douleur, sommeil) et de bien-être social (relations familiales, amicales, professionnelles). Les outils peuvent être génériques, s’appliquant quelle que soit la pathologie ou la population considérée, ou spécifique. La seconde étape est de quantification, produisant un score, soit agrégé, soit décomposé en plusieurs échelles.

Les outils répondent aux deux approches de la qualité de vie : clinique et économique. La première est largement utilisée dans les essais cliniques depuis la fin des années 2000. À noter que les recommandations de la FDA ( Food and Drug Administration , américaine) s’appuient sur les mesures PRO ( patients reported outcomes , ou résultats du point de vue des patients), alors que celles de l’agence européenne (EMA) y ajoutent les mesures de qualité de vie.

L’approche économique retenue par la HAS est celle des QALY ( Quality adjusted life years ), c’est-à-dire le nombre d’années de vie ajustées par la qualité de vie. Celles-ci reposent d’une part, sur la description par les patients de leur état de santé après intervention de soins, d’autre part sur les préférences de la collectivité, puisque c’est elle qui alloue les ressources. Ici l’instrument privilégié par la HAS est l’EuroQol EQ-5D, se composant d’un questionnaire générique rempli par les patients et d’une matrice permettant d’estimer l’utilité de l’intervention de santé à partir des préférences de la population générale française.

La HAS estime que des améliorations de méthodologie sont nécessaires, portant sur la qualité du recueil des données (certains praticiens étant peu disposés à fournir l’inévitable travail supplémentaire), la rigueur de l’analyse statistique, souvent insatisfaisante, et l’interprétation des résultats, qui est souvent malaisée.

L’agence précise enfin que les données de qualité de vie sont utilisées à toutes les étapes de mise à disposition d’un médicament (autorisation de mise sur le marché, commission de  la transparence) ou d’un dispositif médical (commission nationale d’évaluation des dispositifs médicaux et des technologies de santé). Elles sont également importantes dans l’évaluation de l’efficience des produits revendiquant un caractère innovant ou des mesures de santé publique (dépistage) par la Commission d’évaluation économique et de santé publique.

Enfin la HAS rappelle qu’elle a publié plusieurs guides méthodologiques relatifs à l’évaluation de la qualité de vie.