Une méta-analyse en réseau compare les antipsychotiques dans les troubles liés à la démence

  • Yunusa I & al.
  • JAMA Netw Open
  • 1 mars 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Le JAMA Network Open publie la première méta-analyse en réseau consacrée aux antipsychotiques atypiques (APA) dans la prise en charge des troubles du comportement liés aux démences. Ce type d’analyse permet de proposer des comparaisons simultanées de plusieurs médicaments, plutôt que la comparaison deux à deux offerte par la méta-analyse traditionnelle. Dans cette étude, il apparaît qu’aucun des APA étudiés (aripiprazole, olanzapine, quétiapine, rispéridone) ne présente de balance bénéfice-risque supérieure aux autres. En revanche, l’apiprazole était la seule molécule à améliorer les 3 scores d’évaluation du comportement utilisés pris isolément, alors que l’olanzapine n’en améliorait aucun par rapport au placebo. Et sur le plan de la tolérance, tous présentaient des profils d’évènements indésirables spécifiques.

Pourquoi cette étude est-elle importante ?

Si les antipsychotiques ne sont pas recommandés dans la prise en charge des troubles du comportement liés aux démences (hormis la rispéridone à court terme pour les formes sévères ne répondant pas aux traitements non médicamenteux), ils apparaissent parfois comme des traitements d’appoint nécessaires dans des situations de perturbations comportementales difficiles à gérer.

Méthodologie

La méta-analyse en réseau a inclus des études cliniques randomisées anglophones consacrées à la prise en charge des troubles du comportement liés à la démence et ayant comparé un APA à un autre APA ou à un placebo chez des sujets de 65 ans ou plus. Le suivi devait être de 6 semaines minimum.

Les critères d’évaluation principale étaient l’amélioration du score NPI ( Neuropsychiatric Inventory ), du score BPRS ( Brief Psychiatric Rating Scale ) et du CMAI ( Cohen-Mansfield Agitation Inventory ). En termes de sécurité, la méta-analyse a évalué la mortalité globale, les évènements indésirables (EI) cérébrovasculaires, les chutes, fractures et blessures, la somnolence et la sédation, les troubles urinaires et les symptômes extrapyramidaux (SEP).

Principaux résultats

  • Au total, la méta-analyse en réseau a pu intégrer 17 études cliniques, soit 5.373 personnes, avec un suivi médian de 10 semaines et une prise en charge dans le cadre d’une institution pour 10 d’entre elles. L'âge moyen des participants était de 80,8 ans et 69,8% de la cohorte étaient des femmes.
  • En termes d’efficacité, l’aripiprazole était le seul à améliorer les trois scores d’évaluation des troubles comportementaux versus placebo. Parallèlement, toujours comparativement au placebo, la quétiapine améliorait significativement le score BPRS, et l’aripiprazole et la rispéridone amélioraient tous deux le score CMAI. L’olanzapine n’améliorait aucune de ces scores. Parallèlement, aucune différence n’a été observée en comparant les molécules entre elles.
  • En termes de tolérance, aucun des APA ne montrait de différence par rapport au placebo en termes de risque de décès versus placebo mais le calcul de probabilités cumulées a permis d’établir que le placebo était le plus fortement associé à une absence de risque de décès (87,3%) suivi des APA, suivi de la rispéridone (55,4%), l’olanzapine étant celui pour lequel cette absence de risque était la plus basse (32,4%). Le profil spécifique des différents médicaments montrait également que les traitements pour lesquels les probabilités de survenue les plus faibles survenaient étaient la quétiapine vis-à-vis des SEP, le placebo puis la rispéridone par rapport au risque de sédation/somnolence, la rispéridone par rapport au risque de chutes et de fractures/blessures, et le placebo puis l’aripiprazole concernant le risque d’évènement cérébrovasculaire.
  • In fine, le placebo apparaissait comme le moins efficace et le plus sûr, tandis que l'aripiprazole et la quétiapine formaient le groupe rassemblant le profil le plus efficace et le plus sûr.