Une forte augmentation des infections à Mycoplasma genitalium chez les sujets suivant une prophylaxie pré-exposition au VIH

  • Deborde M et al.
  • Médecine et Maladies Infectieuses
  • 23 mars 2019

  • Par Agnès Lara
  • Actualités Médicales
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À retenir

  • Chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes et suivant un programme de prophylaxie pré-exposition (PrEP) VIH au CHU de Bordeaux, l’incidence des infections à Mycoplasma genitalium est élevée, atteignant les 10%.
  • Une résistance aux macrolides est présente chez 58% des sujets infectés.
  • Les infections concernant plus fréquemment la région anorectale et étant le plus souvent silencieuses, les auteurs incitent à un dépistage systématique sur au moins un site anal et à une recherche de résistance associée chez tous les sujets suivant une PrEP.

 

L’infection génitale par Mycoplasma genitalium est une infection sexuellement transmissible (IST) émergente, dont la résistance aux macrolides est en forte augmentation dans plusieurs pays du monde ces dernières années. Il a été montré que cette IST était fréquemment associée à celle du VIH chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH). Mais peu de données existent en France car la bactérie n’est pas recherchée en routine. Une équipe du CHU de Bordeaux a récemment estimé la prévalence de cette infection chez les sujets suivant une PrEP au VIH et a recherché les résistances aux macrolides associées.

Une prévalence de 10% chez les HSH suivant une PrEP

Quatre vingt neuf sujets ayant suivi une PrEP VIH entre janvier 2016 et février 2017 au CHU de Bordeaux ont ainsi été inclus dans l’étude et suivis durant 7 mois. La prévalence de l’infection à M. genitalium était de 10,1% (9 sujets) à l’inclusion et l’incidence de 17,4 pour 100 personnes-années. Les sites les plus fréquemment infectés étaient la région anorectale (57,7% des cas), l’urètre (34,6%) et l’oropharynx (7,7%). Sur les 18 sujets HSH détectés comme étant positifs à l’infection à l’inclusion et au cours du suivi, seulement 2 étaient symptomatiques (écoulements urétraux). Aucun de ceux qui présentaient des prélèvements anaux positifs n’étaient symptomatiques.

Une résistance aux macrolides chez plus de la moitié des sujets infectés

Une résistance aux macrolides a pu être détectée chez 58% des sujets infectés (7 patients sur 12), 2 d’entre elles ayant été acquises après une première ligne de traitement. Cette prévalence est apparue beaucoup plus élevée que celle qui était attendue puisque des analyses réalisées en 2013/2014, puis en 2016 au sein du même hôpital, avaient révélé un taux de résistance de 17,20% et de 8,3% respectivement. On sait que l’azithromycine en dose unique (1g) favorise l’apparition de résistance chez Mycoplasma genitalium; cet antibiotique n’est d’ailleurs plus recommandé en première ligne de traitement dans les urétrites non gonococciques, les autorités européennes de santé lui préférant dorénavant la moxifloxacine 400 mg 1x/j durant 7 à 10 jours. Les mesures préventives et notamment l’usage du préservatif doivent également être renforcées dans cette population.