Une extase nichée dans le cerveau


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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Certains patients épileptiques ont des crises pendant lesquelles surviennent des phénomènes qu’il est possible de qualifier d’extatiques : toute anxiété est absente, le bien-être est diffus, avec le sentiment d’être totalement présent au monde et de ne faire qu’un avec l’univers. Des travaux récents ont fait penser que ces manifestations pourraient avoir leur origine dans l’insula cérébrale. Cette région du cerveau est impliquée dans l’anticipation anxieuse. Elle agit comme un système d’alerte, dont l’inhibition (par exemple, par stimulation électrique) pourrait donner au sujet un sentiment de clarté, de certitude et d’évidence.

Une équipe de chercheurs conduite par le Professeur Fabrice Bartolomei (Service d’Épileptologie et de Rythmologie cérébrale – hôpital de la Timone, Marseille) a sélectionné trois patients devant subir une intervention chirurgicale pour épilepsie réfractaire aux traitements. Leur bilan pré-interventionnel comportait l’implantation d’électrodes intracérébrales de stimulation. Les patients sélectionnés avaient des phénomènes extatiques lorsque la partie antéro-dorsale de l’insula était stimulée.

L’investigation par stimulations électriques intracérébrales a montré trois éléments importants :

-       parmi toutes les régions cérébrales explorées, seule la stimulation du cortex antéro-dorsal de l’insula provoquait des épisodes extatiques ;

-       dans la période suivant immédiatement la stimulation, la connectivité fonctionnelle entre plusieurs zones du cerveau était significativement augmentée et impliquait principalement l’insula antérieure ;

-       dans ce réseau de connexions, la partie antéro-dorsale de l’insula avait un rôle prépondérant.

Les auteurs concluent que leur travail apporte un argument supplémentaire en faveur d’une implication majeure de cette région du cerveau dans les phénomènes extatiques, que les patients soient épileptiques ou pas.