Une étude souligne l’existence d’une association entre la prise de psychotropes, d’IPP et le risque accru de fracture

  • Kendler DL & al.
  • Bone
  • 22 oct. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Une étude internationale publiée dans la revue Bone,et à laquelle une du centre hospitalier d’Orléans a participé, a évalué le risque de fracture sous traitements antidépresseurs (inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline-IRSNa, inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine-ISRS), benzodiazépines/hypnotiques et inhibiteurs de la pompe à proton (IPP). Si les conclusions d’analyses post-hocmontrent que la supériorité du traitement par tériparatide versusle risédronate sur le risque fracturaire est maintenue chez les patientes traitées par psychotropes ou par IPP, elles révèlent un risque plus élevé de fracture clinique et de fracture non vertébrale pour les premiers et de fracture vertébrale pour les seconds. Ainsi, l’utilisation de ces traitements chez ce profil de patientes nécessite une attention particulière et la durée de traitement la plus courte possible

Pourquoi cette étude est intéressante ?

De nombreux traitements augmentent le risque de fracture en favorisant le risque de chute et/ou en diminuant la densité minérale osseuse. Les psychotropes et les IPP sont des traitements fréquemment retrouvés chez les patients ayant des fractures de fragilité. Si de nombreuses études observationnelles et épidémiologiques ont suggéré une augmentation des risques de fractures liés à ces traitements, aucune étude prospective, randomisée, contrôlée ne l’avait évaluée jusqu’à présent, qui plus est chez des femmes traitées pour le risque fracturaire.

Protocole de l’étude

Les résultats présentés ici sont issus d’analyses post-hocde l’étude VERO au cours de laquelle 1.360 femmes ménopausées ayant eu au moins 1 fracture vertébrale sévère ou 2 fractures vertébrales modérées et un T-score de densité minérale osseuse (DMO) ≤1,50 ont été randomisées pour recevoir durant 2 ans, en double aveugle, double placebo, du tériparatide 20 microgrammes/j ou une prise hebdomadaire de risédronate 35 mg. 

L’étude VERO avait démontré que le tériparatide (agent ostéoformateur) diminuait de plus de 50% le risque de nouvelle fracture vertébrale et de fracture cliniques par rapport à un traitement par risédronate (agent anti-résorption osseuse). 

Les analyses post-hocont porté sur des sous-groupes de femmes traitées concomitamment par psychotropes ou IPP.

Principaux résultats

Au total, sur l’ensemble de la population de l’étude VERO, 29,9% (n=406) étaient traitées par IPP, 25,5% (n=347) par benzodiazépines/hypnotiques et 12,9% (n=176) par IRSNa/ISRS.  

Les analyses multivariées ont montré que :

  • Sous IPP, le risque de fracture vertébrale (nouvelle et aggravée) était significativement augmenté de +54% par rapport à celles qui n’en prenaient pas. 
  • Sous benzodiazépines et/ou hypnotiques, c’était le risque de fracture clinique qui était significativement augmenté de 71% et le risque de fracture non-vertébrale de 89%. 
  • Sous IRSNa/ISRS, c’est le risque de fracture clinique et de fracture non vertébrale qui était augmenté respectivement de 93 et 116%.

La supériorité anti-fracturaire du tériparatide sur le risédronate était cependant maintenue parmi ces sous-groupes de patientes.

Limitations :

Il s’agit d’une relation statistique en aucun cas d’un lien de causalité. Les auteurs évoquent que le risque de chute pourrait être augmenté du fait de la diminution de la vigilance en lien avec la prise des psychotropes. Par ailleurs, la population évaluée est constituée uniquement de femmes ménopausées à risque élevé de fracture.