Une étude française souligne la fréquence de la torsion testiculaire adulte

  • Dang VT & al.
  • Asian J Androl

  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Selon une étude compilant les données de 14 services d’urgences de CHU français entre 2005 et 2019, les douleurs scrotales de l’adulte de plus de 21 ans sont liées à une torsion testiculaire dans plus de la moitié des cas (51,5%), et, comme chez l’enfant ou l’adolescent, le taux d'explorations scrotales n’ayant conduit à aucun diagnostic est élevé (35,8%). Ces chiffres, proches de ceux évoqués chez des sujets plus jeunes, suggèrent que le risque de torsion testiculaire ne soit pas négligé lorsqu’un patient adulte se présente aux urgences avec une douleur scrotale.
  • Selon les données de cette étude, les auteurs estiment que le Doppler pourrait être utile en cas de doute concernant l’existence d’une éventuelle tumeur car il permettrait de réduire le risque de récidive locale liée à l’ouverture du scrotum en cas de tumeur testiculaire avérée.

Pourquoi est-ce important ?

Les données sur la démarche diagnostique dans le cas de douleurs scrotales liées à une torsion testiculaire proviennent principalement des données et recommandations provenant des évènements survenant parmi la population pédiatrique et adolescente. Malgré sa fréquence relative en pratique clinique, ce type de données fait défaut chez les adultes. Cette étude multicentrique française permet de combler ce déficit.

Méthodologie

L’étude a compilé les données de 14 CHU français entre janvier 2005 et décembre 2019. Tous les patients de plus de 21 ans admis aux urgences pour une suspicion de torsion du cordon spermatique et ayant eu une exploration chirurgicale du scrotum ont été inclus dans cette analyse. Selon le protocole de chaque centre, et le délai de consultation, une échographie Doppler scrotale (DUS) avait ou non été réalisée.

Principaux résultats

Au total, 1.329 hommes ont été inclus dans cette analyse (âge médian 30 ans, IMC médian 23 kg/m²), parmi lesquels 1 sur 5 environ avait des antécédents de douleur testiculaire. Le délai médian entre l'apparition des douleurs et l'exploration chirurgicale était de 7 h. Cette douleur était apparue soudainement chez la majorité d’entre eux (86,8%).

Cliniquement, 65,2% des patients ont présenté une horizontalisation du testicule, 46,1% un œdème ou un érythème scrotal et 15,9% ont souffert de nausées ou de vomissements.

L’examen Doppler préopératoire, qui a pu être réalisé chez un tiers des patients, a montré une sensibilité de 82,5% et une spécificité de 52,2% (précision 70%).

Suite à l’exploration chirurgicale, 51,5% des patients ont eu un diagnostic de torsion testiculaire, devant le nombre de cas d’orchi-épididymite (8,4%) ou de tumeurs (1,2%). Aucun diagnostic n’a pu être posé pour 35,8% d’entre eux. L'incidence des complications postopératoires a été de 12,0%.

Les cas de torsion testiculaire étaient majoritairement recensés parmi les 20-30 ans et les 40-50 ans. Les facteurs prédictifs étaient d’abord le fait d’avoir des nausées/vomissements (OR 2,29 [1,59-3,29], p< 0,001) puis d’avoir un érythème ou un gonflement (OR 1,89 [1,49-2,39], p< 0,001) ou encore le fait d’avoir un testicule horizontalisé (odds ratio OR 1,81 [1,42-2,33], p< 0,001).