Une étude chinoise confirme qu’un âge avancé et d’autres facteurs de risque sont liés aux décès par COVID-19

  • Zhou F, et al.
  • The Lancet
  • 9 mars 2020

  • Par Liz Scherer
  • Clinical Essentials
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À retenir

  • Des chercheurs chinois ont établi de façon certaine un lien entre un âge plus avancé, la présence d’un sepsis et des taux élevés de D-dimères et la mortalité dans le cadre de la maladie à COVID-19. 
  • La présence d’une excrétion virale prolongée confirme la nécessité d’isoler les patients infectés. 

Pourquoi est-ce important ?

  • La suspicion clinique est justifiée chez les patients plus âgés ayant un score plus élevé à l’évaluation séquentielle de la défaillance d’organes (Sequential Organ Failure Assessment, SOFA) et présentant des taux élevés de D-dimères (supérieurs à 1 µg/l) au moment de l’hospitalisation.
  • Il convient de prendre en considération l’interleukine-6 dans le sang, la troponine cardiaque I de haute sensibilité, le lactate déshydrogénase et la présence d’une lymphopénie en tant qu’éléments pronostiques de la sévérité de la maladie. 

Principaux résultats

  • 191 patients hospitalisés ; âge médian de 56,0 ans (intervalle interquartile [IIQ] : 46,0–67,0) ; 62 % d’hommes. 
  • 54 sont décédés à l’hôpital ; 137 ont quitté l’hôpital.
    • Délai médian entre l’apparition de la maladie et la sortie de l’hôpital : 22,0 jours (IIQ : 18–25).
    • Délai médian avant le décès : 18,5 jours (IIQ : 15–22).
  • 48 % des patients (91) présentaient des comorbidités, le plus fréquemment une hypertension (30 %), un diabète (19 %) et une maladie cardiaque coronaire (MCC ; 8 %).
  • À l’analyse multivariée, des rapports de cote (RC) de mortalité plus élevés ont été associés à :
    • un âge plus avancé : 1,10 (P = 0,0043) ;
    • une MCC : 2,14 (P = 0,48) ;
    • un score SOFA plus élevé : 5,65 (P 
    • une numération de lymphocytes : 10,0 × 109/l : 0,19 (P = 0,13) ; et
    • un taux de D-dimères supérieur à 1 µg/l : 18,42 (P = 0,0033).
  • La durée médiane de l’excrétion virale chez les survivants était de 20,0 jours (IIQ : 17,0–24,0). L’excrétion était détectable jusqu’au décès chez les non-survivants.  
  • La durée d’excrétion virale la plus longue était de 37 jours.

Protocole de l’étude

  • Une analyse de cohorte rétrospective multicentrique, explorant la mortalité, l’évolution clinique et l’excrétion virale au sein de deux cohortes d’adultes, a été réalisée.
  • Financement : Fonds d’innovation pour les sciences médicales de l’Académie chinoise des sciences médicales.

Limites

  • Il s’agit d’une étude rétrospective.
  • Le transfert à l’hôpital est intervenu tardivement chez certains patients.
  • La durée de l’excrétion virale est une estimation.
  • Le taux de létalité ne reflète pas les taux de mortalité réels.